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"Ca suffit maintenant", réagit le Groenland face aux menaces répétées de Trump

La réaffirmation par Donald Trump de son intention de faire passer le Groenland sous drapeau américain suscitait lundi une condamnation internationale : "Ca suffit maintenant", a de son côté réagi le...

La Première ministre danoise Mette Frederiksen s'exprime lors d'une conférence de presse à Bruxelles, en Belgique, le 19 décembre 2025 © JOHN THYS
La Première ministre danoise Mette Frederiksen s'exprime lors d'une conférence de presse à Bruxelles, en Belgique, le 19 décembre 2025 © JOHN THYS

La réaffirmation par Donald Trump de son intention de faire passer le Groenland sous drapeau américain suscitait lundi une condamnation internationale : "Ca suffit maintenant", a de son côté réagi le Premier ministre de ce territoire autonome danois.

"Plus de pression. Plus de sous-entendus. Plus de fantasmes d'annexion. Nous sommes ouverts au dialogue. Nous sommes ouverts aux discussions. Mais cela doit se faire par les bons canaux et dans le respect du droit international", a écrit sur Facebook Jens Frederik Nielssen.

Interrogé par le magazine américain The Atlantic sur les implications pour le Groenland de l'opération militaire menée par les forces spéciales américaines au Venezuela, Donald Trump venait de déclarer que c'était à ses partenaires de les évaluer : "Ils vont devoir se faire leur propre opinion".

"Nous avons besoin du Groenland du point de vue de la sécurité nationale, et le Danemark ne sera pas en mesure de s'en occuper", a ensuite réaffirmé le président américain devant des journalistes à bord d'Air Force One dimanche soir. 

Et d'ajouter: "Nous nous occuperons du Groenland dans environ deux mois… parlons du Groenland dans 20 jours". 

Pour la députée Aaja Chemnitz, qui représente le Groenland au Parlement danois, il faut "être prêt pour tous les scénarios".

"Que ce soit la rupture d'un câble de communication ou les menaces de Trump, le peuple groenlandais doit se préparer", a-t-elle dit à  l'AFP.

Immense île arctique peuplée de 57.000 habitants, le Groenland dispose d'importantes ressources minières, majoritairement non exploitées, et est considéré comme un emplacement stratégique. Les Etats-Unis y ont déjà une base militaire et en exploitaient une dizaine pendant la guerre froide.

Très inquiétant

Le mois dernier, le président américain s'était plaint que des navires russes et chinois soient "partout" le long des côtes du Groenland.

"Il répand des mensonges sur la présence de ces navires. C'est très inquiétant", a souligné Mme Chemnitz.

Lundi dans un communiqué, le ministère chinois des Affaires étrangères a exhorté les États-Unis de "cesser d'utiliser la prétendue menace chinoise comme prétexte pour chercher des gains personnels".

Dimanche soir, la Première ministre danoise Mette Frederiksen s'était également élevée avec fermeté contre les propos du président américain: "Je demande instamment aux Etats-Unis de mettre fin à leurs menaces contre un allié historique et contre un territoire et un peuple qui ont clairement fait savoir qu'ils n'étaient pas à vendre".

"(...) Il est tout à fait absurde de dire que les États-Unis devraient prendre le contrôle du Groenland", a-t-elle ajouté dans un communiqué.

Les dirigeants européens se rangeaient lundi derrière le Danemark et le Groenland, le Premier ministre britannique Keir Starmer déclarant lui aussi soutenir son homologue danoise.

L'Union européenne attend de ses partenaires qu'ils respectent les principes de la souveraineté et de l'intégrité d'un territoire, a souligné la Commission.

Samedi, une publication sur X de l'épouse du directeur de cabinet adjoint de la Maison Blanche, Stephen Miller, avait déjà semé le trouble. 

Alors que les Etats-Unis intervenaient militairement à Caracas, Katie Miller publiait sur son compte X une carte du Groenland colorée aux couleurs du drapeau américain, assortie d'une courte légende en capitales: "SOON" ("bientôt").

Allié historique

Le Danemark est un allié historique et traditionnel des Etats-Unis, se fournissant largement auprès de Washington pour son armement. 

Le royaume, qui inclut les îles Féroé et le Groenland, "fait partie de l'Otan et bénéficie ainsi de la garantie de sécurité de l'alliance", a d'ailleurs rappelé dimanche sa Première ministre.

"On a l'Otan donc je ne pense pas qu'il va faire quoique ce soit ici (au Danemark). J'espère !", se rassurait une retraitée danoise, Marianne Larsen, interrogée par l'AFP.

L'annonce fin décembre par Donald Trump de la nomination d'un envoyé spécial pour le Groenland avait déjà provoqué un accès de fièvre entre les deux pays.

Le Groenland répète ne pas être à vendre et vouloir décider seul de son avenir.

En janvier 2025, 85% des Groenlandais s'étaient dits opposés à leur rattachement aux Etats-Unis, selon un sondage publié dans la presse danoise et groenlandaise. Seuls 6% y étaient favorables.

Fin mars 2025, le vice-président américain, JD Vance, avait provoqué un tollé en prévoyant de se rendre au Groenland sans y avoir été invité. Il y avait finalement renoncé pour se contenter de visiter la seule base militaire américaine du territoire.

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