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Municipales: jour de cristallisation avant un premier tour décisif

J-1 avant le scrutin: la campagne des municipales est suspendue samedi pour une période de réserve, censée permettre aux millions d'électeurs de se décider avant d'aller aux urnes dimanche, pour un...
Un employé municipal prépare des caisses de bulletins avant les municipales, le 12 mars 2026 à Bruges, près de Bordeaux © Philippe LOPEZ

Un employé municipal prépare des caisses de bulletins avant les municipales, le 12 mars 2026 à Bruges, près de Bordeaux © Philippe LOPEZ

J-1 avant le scrutin: la campagne des municipales est suspendue samedi pour une période de réserve, censée permettre aux millions d'électeurs de se décider avant d'aller aux urnes dimanche, pour un scrutin hautement indécis dans plusieurs grandes villes.

Quelque 48,7 millions d'électeurs inscrits seront appelés à départager, essentiellement dimanche, environ 900.000 candidats sur quelque 50.000 listes.

Les électeurs de Nouvelle-Calédonie ouvriront toutefois le bal dès ce samedi à 08H00 (22H00 heure de Paris).

Et les municipales se feront en quelque sorte à deux vitesses puisque près de 93% des communes devraient connaître leur maire à l'issue du premier tour dimanche, sans attendre le second tour du 22 mars, en raison d'une ou deux listes candidates seulement.

Le suspense reste toutefois entier pour de nombreuses grandes villes à commencer par Paris, Lyon et Marseille.

Dans la capitale, Emmanuel Grégoire (PS), qui brigue la succession d'Anne Hidalgo, et Rachida Dati (Les Républicains) sont donnés en tête. Mais Pierre-Yves Bournazel (Horizons), Sophia Chikirou (LFI) et Sarah Knafo (Reconquête) espèrent tous atteindre la barre des 10% pour se qualifier, et ouvrir la porte à une quinquangulaire au second tour.

Se poserait alors la question aussi classique que cruciale des alliances et désistements d'entre-deux tours. Et ce alors qu'à gauche, l'inimitié entre socialistes et insoumis fait peser un risque de bascule sur certaines villes, et que l'extrême droite espère bien supplanter dans certaines communes la droite ou faire tomber un cordon sanitaire et l'aspirer dans une alliance.

Le Rassemblement national, qui entend progresser en allant ravir des villes comme Toulon, espère même créer la surprise à Marseille, en prenant la ville au sortant Benoît Payan. Ce dernier, à la tête d'une coalition gauche-écolos-société civile, et le candidat lepéniste, Franck Allisio, font la course en tête dans les sondages, devant la candidate de la droite et du centre, Martine Vassal, et l'Insoumis Sébastien Delogu, qui pourraient toutefois accéder au second tour.

Enjeu national

Parmi les grands vainqueurs en 2020, les Ecologistes sont cette fois sur la défensive dans plusieurs fiefs comme Lyon. L'ancien patron de l'OL et candidat de la droite et des macronistes, Jean-Michel Aulas, a été longtemps donné victorieux, mais les derniers sondages laissent augurer une possible remontée du sortant écologiste Grégory Doucet.

A l'inverse, le parti Renaissance, qui n'a jamais vraiment réussi à percer aux municipales depuis l'entrée à l'Elysée d'Emmanuel Macron, tentera de gagner quelques villes comme Bordeaux, tenue par les écologistes, mais sa principale chance de succès sera à Annecy selon plusieurs cadres.

Quant aux Insoumis, s'ils se montrent volontairement mesurés dans leurs ambitions, ils espèrent bien ravir Roubaix (Nord), voire créer la surprise dans certaines villes franciliennes ou à Limoges, mais surtout planter des graines pour progresser au niveau national.

Traditionnellement prisées des électeurs français, car perçues comme plus proches de leurs aspirations que les scrutins nationaux, les élections municipales pourraient cette année susciter une bonne participation au premier tour. 

Selon un sondage Odoxa-Backbone publié jeudi, elle pourrait être comprise entre 65 et 71%, contre 63% en 2014 et à peine 45% en 2020, dans un contexte fortement perturbé par l'épidémie de Covid-19.

"Je revote, mais je ne tiens absolument pas compte des partis, j'essaye vraiment de regarder les programmes et de regarder ce qui se rapproche le plus de ce que je considère le mieux", a témoigné vendredi à Paris Inès de Warren, auteure de 62 ans, qui voit tout de même derrière ces municipales "un enjeu national".

"Les maires ensuite donnent une signature pour les présidentielles", notait non loin Maud Gobled, psychologue de 35 ans. Si elle n'avait pas encore fait son choix, elle souhaitait regarder en plus des programmes municipaux les "votes à l'Assemblée" des forces politiques présentant des candidats.

Par la force du calendrier, le scrutin municipal aura des allures de répétition pour les forces politiques, à peine un an avant la présidentielle de 2027.

Peut-être encore davantage pour le maire du Havre, Edouard Philippe, qui brigue sa réélection, et qui en a fait le prérequis pour poursuivre sa candidature à la présidentielle. Lui-même s'attend à un scrutin "serré" avec son adversaire communiste Jean-Paul Lecoq.