Dossier Construction et immobilier
Construction industrielle et modulaire en croissance
Alternative innovante et prometteuse, la construction modulaire hors-site affiche une belle progression. Longtemps cantonnée aux locaux à usage temporaire, la filière s’impose désormais, mettant en avant la rapidité d’exécution et une réduction de la phase de chantier et de ses contraintes, sans oublier la performance environnementale et le réemploi des modules. Des atouts qui font la différence.
A l’heure où le secteur du BTP est en souffrance, les entreprises de construction modulaire et hors-site ont vu leur chiffre d’affaires poursuivre leur progression de l’ordre de 1% en 2024 pour dépasser les 1,23 milliard d’euros, selon une étude conduite par le cabinet d’études Asterès. Limitée, la croissance témoigne toutefois de la dynamique de cette filière innovante qui constitue une alternative aux modes de construction traditionnels en misant sur la préfabrication de locaux prêts à être aménagés pour les assembler et les installer en l’état sur site. Si, historiquement, ce modèle était réservé aux bases de vie de chantier et aux locaux à usage temporaire, force est de constater qu’il est de plus en plus employé pour des applications pérennes. Depuis une vingtaine d’années, la filière modulaire a ainsi su trouver d’autres marchés autour de méthodes industrielles désormais largement utilisées dans tous les secteurs de la construction comme ceux de l’éducation, de la santé, du commerce, de l’industrie, de l’événementiel et plus récemment de la résidence étudiante.
En 2025, le ministère de la Justice a même lancé un appel d’offres pour la construction de 1 500 premières places de prison modulaire, remporté par trois entreprises. Si le secteur consolide sa place dans le BTP, c’est aussi en raison d’une capacité d’adaptation aux besoins des professionnels, de l’administration et des services.
Des atouts et des perspectives favorables
Vente ou location, modularité à toute épreuve, 100% recyclable et respectueux de l’environnement, performance énergétique renforcée, qualité industrielle garantie, personnalisation : autant d’arguments qui jouent dans la croissance observée par la filière. Mais ce sont bien la rapidité de construction et la réduction de la phase de chantier qui font pencher la balance. C’est le cas de l’OPH de la Meuse, bien décidée à franchir le pas avec la volonté de mieux maîtriser le calendrier de ses futurs projets. «L’idée n’est pas forcément de réduire la facture, mais bien de gagner du temps», analyse Matthieu Cop, son directeur général. Ce changement de regard devrait renforcer les perspectives de croissance sur le marché de la construction hors-site, dans un contexte où le durcissement de la réglementation environnementale (RE 2020 qui prévoit d’abaisser les seuils d’émission carbone des constructions neuves entre 2025 et 2031) et où la gestion des déchets sont devenus centraux dans l’attribution des marchés. Face aux défis du secteur immobilier, à l’urgence climatique et à l’envolée des prix des matériaux, les constructions modulaires pourraient bien tenir l’affiche, loin des seconds rôles auxquels elles ont été longtemps assignées.