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Côte d'Or : quand la préfecture de région rencontre les agriculteurs

Nouvellement arrivée dans ses fonctions, Violaine Démaret, préfète de Côte-d’Or et de Bourgogne-Franche-Comté, a inscrit l’agriculture en tête de ses priorités. Ce 7 mai, elle était à Saint-Julien afin d’échanger avec les exploitants. 

La langue de bois n'était pas à l'ordre du jour, ce 7 mai à Saint-Julien. Violaine Démaret, récemment nommée préfète de Côte-d’Or et de Bourgogne-Franche-Comté est venue à la rencontre les agriculteurs pour échanger sur leurs difficultés. «Le coût du travail explose en France et le prix de nos marchandises baisse. L’énergie et le carburant augmentent. Le gazole non-routier est passé de 60 centimes à 1,30 euro du litre. Une exploitation comme la nôtre en utilise 60 000 litres par an» a ainsi détaillé Yoann Garreau, associé de l’exploitation Agro DFG, à Saint-Julien.

Un autre agriculteur a rebondi : «L’État nous a donné 15 centimes d'euro pour parer aux hausses du carburant mais ça ne fait pas la balle. Certains leviers pourraient être mis en place comme la suspension temporaire des certificats d'économies d'énergie qui redonnerait du pouvoir d’achat». D’autres enjeux financiers ont été présentés à la préfète par un représentant de la viticulture, à commencer par les prix du fermage. «Ils représentent 20 à 30 % du chiffre d’affaires d’une exploitation, soit le deuxième poste de dépenses après le personnel» a poursuivi l'exploitant. La profession doit également faire face à des marchés internationaux tendus, en particulier avec les Etats-Unis.

Plus que des mots, des solutions

«Les agriculteurs n’ont pas besoin de longs discours mais qu’on les écoute et que l’on agisse. Nous devons traduire nos paroles en actes» a précisé Violaine Démaret. Ainsi, quand les éleveurs ont fait allusion à la tuberculose bovine, la préfète s’est engagée à se pencher sur le sujet de l’impact des blaireaux dans la transmission de la maladie qu’ils ont mis en lumière.

Sur la question de la simplification administrative, là encore elle a souhaité répondre aux inquiétudes par des actes. «Elle est à notre portée. Nous nous devons de le faire localement et de faire remonter les propositions pertinentes. Simplifier, c’est parfois complexe, mais les normes servent aussi à sécuriser et soutenir l’agriculture» a résumé la Préfète.

L’eau en tête de liste

Parmi les principales inquiétudes des agriculteurs, la disponibilité en eau figure en bonne place. «Nous rencontrons des épisodes de sécheresse qui demandent de l’irrigation» a précisé Yoann Garreau. La dizaine de projets de remise en eau d’étangs pourraient apporter une réponse à cette problématique. «Il faut accélérer la création de ces réserves d’eau. Le département a engagé une réflexion autour de la mutualisation de ces réserves pour les services d’incendie et de secours» a répondu la préfète. Violaine Démaret estime par ailleurs qu’agriculture et environnement ne doivent pas être opposés mais qu’il faut plutôt accompagner les besoins de la profession. L'objectif est de sécuriser les exploitations en alliant rentabilité et durabilité.

Pour Aletheia Press, Nadège Hubert