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Seine-Maritime : la flambée du GNR fragilise l’économie agricole

Dans la note de conjoncture des marchés agricoles des Chambres d’agriculture de Normandie, il est question de la hausse rapide du prix du gazole non routier (GNR) en Seine-Maritime, qui pèse sur les exploitations agricoles et accroît les inquiétudes autour des coûts de production. Décryptage.

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En Seine-Maritime, où les activités céréalières, la production laitière et les filières bovines occupent une place importante dans l’économie locale, l’envolée du GNR constitue un nouveau choc économique pour les exploitants. Après plusieurs mois de relative stabilité autour de 65 euros/hl fin 2025, les prix ont presque doublé pour atteindre près de 130 euros/hl début avril 2026. Cette progression est directement liée au conflit opposant les États-Unis, Israël et l’Iran ainsi qu’aux perturbations du détroit d’Ormuz, point stratégique du commerce pétrolier mondial. Malgré un léger repli après l’annonce d’un cessez-le-feu, les marchés énergétiques restent marqués par une forte instabilité, alimentant l’incertitude dans les exploitations agricoles et les entreprises de travaux ruraux.

Une hausse des coûts qui redéfinit les équilibres économiques du secteur agricole

Cette hausse du GNR intervient dans un environnement déjà marqué par l’augmentation des charges d’exploitation et du coût des intrants agricoles. En Seine-Maritime, où les grandes cultures et les activités d’élevage occupent une place importante dans l’économie locale, le carburant représente un poste de dépense central pour les exploitations mécanisées et les activités de transport agricole. Afin d’accompagner les professionnels du secteur, l’État a annoncé plusieurs mesures, parmi lesquelles une exonération temporaire de taxe sur le GNR agricole, des reports de cotisations sociales et fiscales ainsi que des dispositifs de trésorerie destinés aux exploitations les plus exposées. Cette évolution des coûts énergétiques concerne également l’ensemble de la chaîne économique liée à l’agriculture, notamment les coopératives, les entreprises de travaux agricoles, les transporteurs et les fournisseurs d’équipements. Dans ce contexte, plusieurs acteurs du territoire poursuivent des investissements dans la modernisation des matériels, les carburants alternatifs, le biométhane ou l’électrification des équipements afin d’accompagner l’évolution des modèles énergétiques du secteur agricole.

Une évolution suivie à l’échelle nationale par les acteurs agricoles et énergétiques

L’évolution du prix du GNR en Seine-Maritime s’inscrit dans une dynamique observée dans plusieurs régions agricoles françaises, où les variations des marchés énergétiques influencent directement les coûts d’exploitation et les stratégies d’investissement des filières agricoles. Dans les territoires spécialisés dans les grandes cultures, l’élevage ou l’agroalimentaire, les dépenses liées au carburant occupent une place importante dans l’organisation des activités de production, de transport et de logistique. Cette situation alimente également les réflexions engagées autour de la diversification énergétique, du développement du biométhane, de l’électrification des équipements et de l’adaptation des modèles agricoles aux évolutions des marchés internationaux. À l’échelle nationale, les acteurs économiques du secteur suivent ces évolutions avec attention, alors que les enjeux liés à l’énergie, à l’investissement productif et à la transition des filières agricoles occupent une place croissante dans les politiques publiques et les stratégies territoriales.