Crédits bancaires en 2025 : l’Oise et les Hauts-de-France à la loupe
Le panorama des crédits bancaires en Hauts-de-France révèle des disparités territoriales marquées. Entre la solidité du marché immobilier et les besoins croissants d'équipement des entreprises, l’Oise, l’Aisne et la Somme dessinent des profils d’investissement distincts. Analyse chiffrée d'une année charnière pour le financement local.
Les dernières données de la Direction des Statistiques Monétaires et Financières de la Banque de France[1], publiées le 23 décembre 2025, dessine une carte contrastée des crédits bancaires aux clients non financiers, où les Hauts-de-France affichent des encours robustes, dominés par l'habitat.
Dans les Hauts-de-France, l’encours total des crédits bancaires atteint 164,4 milliards €. Sans surprise, l’immobilier demeure le moteur principal du financement régional avec 98,8 Mds€ injectés dans la pierre. Les crédits d’équipement (43,9 Mds€) et de trésorerie (19,8 Mds€) complètent ce tableau, témoignant d'une volonté de soutenir la modernisation des outils de production malgré un contexte économique vigilant.
L’Oise : locomotive du sud de la région
Avec 20,7 V d’encours, le département de l’Oise ne représente que 12 % du volume total des Hauts-de-France. Si l’échelle diffère, la répartition des crédits y est quasi identique. L’immobilier reste le moteur principal avec 14,5 Md€ injectés (dont 12,6 Md€ pour les particuliers), confirmant une demande locale soutenue pour l’acquisition de logements. Le dynamisme économique du département se traduit également par 4,8 Md€ de crédits d’équipement. Les besoins en trésorerie, limités à Md€, soulignent une gestion saine des flux financiers par les acteurs locaux.
Globalement, la structure de crédit demeure similaire, avec une forte spécialisation vers le logement et un rôle de soutien à la trésorerie des entreprises.
Aisne et Somme : des dynamiques contrastées
Si l’Aisne affiche un profil plus modeste (5,7 Md€ en immobilier et 2,1 Md€ en équipement), la Somme se distingue par une forte activité d'investissement professionnel. Avec 6 Md€ consacrés à l’équipement, elle rivalise avec des territoires plus vastes. Dans ces trois départements, la faiblesse des comptes débiteurs est un signal positif : le financement local est résolument orienté vers des projets structurants à long terme plutôt que vers le comblement de déficits immédiats.
Enjeux futurs : adapter le financement aux réalités locales
Cette organisation par postes et par territoire permet d’identifier des vecteurs de croissance spécifiques : densité et intégration du crédit immobilier pour les ménages, intensité d’investissement pour les entreprises régionales, et potentiel de financement du développement local (logement, équipements, transition énergétique). Dans l’ensemble, le contraste entre le niveau global des Hauts-de-France et les postes départementaux met en évidence une certaine homogénéité dans le poids relatif des investissements immobiliers, tout en révélant des disparités locales dans la demande des crédits d’équipement et de la trésorerie. L’enjeu consiste à adapter les politiques de financement et les dispositifs d’accompagnement afin de soutenir l’investissement productif et le pouvoir d’achat des ménages, tout en tenant compte des particularités économiques de l’Oise, l’Aisne et de la Somme.
[1] Source : Centralisations financières territoriales, DGSEI – Direction des statistiques monétaires et financières.