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Dans l'attente de travaux, Cayeux-sur-Mer espère obtenir l'état de catastrophe naturelle

Le président de la région Hauts-de-France, Xavier Bertrand, vient d’envoyer une lettre à Bertrand Gaume, préfet de la région Hauts-de-France, lui demandant d’engager des démarches de reconnaissance de l'état de catastrophe naturelle pour la ville de Cayeux-sur-Mer de manière accélérée.

Le maire Jean-Paul Lecomte, ici dans la nuit de la tempête du 8 au 9 janvier (© Facebook de Jean-Paul Lecomte)
Le maire Jean-Paul Lecomte, ici dans la nuit de la tempête du 8 au 9 janvier (© Facebook de Jean-Paul Lecomte)

Suite au passage de la tempête Goretti le 9 janvier dernier, la commune de 2 300 habitants a été très impactée. Sa digue a lâché sur 500 m et jusqu’à 50 cm d’eau et des tonnes de galets ont envahi le centre ville, via son boulevard maritime. Des maisons, des commerces et des caves ont été inondés. Toute cette semaine, les services techniques et les pompiers s’affairent au pompage de l’eau et au nettoyage de l’espace public. Le préfet de Somme, Rollon Mouchel-Blaisot , et le sous-préfet d’Abbeville, Laurent Guillemot, se rendront sur place ce vendredi 16 janvier.

La requête du président de région rejoint celle du maire, Jean-Paul Lecomte, qui espère que les travaux d’aménagement du boulevard maritime sur 1,4 km seront rapidement engagés. Une enquête publique devrait démarrer en février et non en avril/mai comme prévu : «Le chantier devrait débuter en septembre comme prévu, se désole le maire. Quant aux dégâts de la tempête, l’heure est encore au chiffrage concernant le mobilier urbain. 100 000 tonnes de galets ont été emportés au nord. Le coût pour en remettre est de 500 000 euros à la charge de la communauté d’agglomération de la Baie de Somme».

12 millions d'euros de travaux

D’un montant de 12 millions d’euros hors taxes subventionnés à hauteur de 80%, ces travaux prévoient notamment la création d’un muret brise vagues et l’aménagement sur 1,4 km d’un boulevard maritime dit résiliant avec noues et bassins dans lesquels l’eau viendra se déverser. La ville de Cayeux-sur-Mer avait été inondée en 1990 et en janvier 2018 lors de la tempête Eleanor.

Mais le projet connaît du retard à cause de la présence de 75 000 choux marins, espèce protégée mais qui se développe et dont la commune en compterait le plus de spécimens en France. Ils ont été référencés un par un par satellite et GPS sur ses 14 km de littoral. Les travaux ont été conditionnés à la création au nord de la ville d’une nurserie de 360 choux marins. L’opération de transplantation a engendré un surcoût de plus de 200 000 euros TTC : «La préservation du chou marin est indispensable», avait lors souligné la DDTM (Direction départementale des territoires et de la mer) de la Somme, créant incompréhension et colère chez les habitants ainsi que l’intérêt des médias nationaux.

Lors de la tempête Goretti, des centaines de choux marins ont été ensevelis sous les galets : «La tempête Goretti n’a pas fait d’études d’impact et n’a pas demandé aux différents services de l’Etat, principalement la Dreal, si elle pouvait mettre un mètre de cailloux sur les fameux choux marins», a ironisé dans une vidéo postée sur Facebook, Edouard Brunet, agriculteur dans la commune. «Les racines vont jusque 4 à 5 mètres de profondeur. La tempête a fait envoler les graines. Il va y en avoir encore plus», informe Jean-Paul Lecomte.