En bref

Premier mort et six blessés dans l'armée française dans la guerre au Moyen-Orient

Un militaire français a été tué et six autres blessés jeudi soir dans une attaque de drone dans la région d'Erbil au Kurdistan irakien, ont annoncé les autorités françaises, qui déplorent le premier décès au sein de l'armée française...
Un militaire français est mort "lors d'une attaque" dans la région d'Erbil au Kurdistan irakien, selon le président français Emmanuel Macron © Christof STACHE

Un militaire français est mort "lors d'une attaque" dans la région d'Erbil au Kurdistan irakien, selon le président français Emmanuel Macron © Christof STACHE

Un militaire français a été tué et six autres blessés jeudi soir dans une attaque de drone dans la région d'Erbil au Kurdistan irakien, ont annoncé les autorités françaises, qui déplorent le premier décès au sein de l'armée française dans le cadre de la guerre au Moyen-Orient.

"L'adjudant-chef Arnaud Frion du 7ème bataillon de chasseurs alpins de Varces est mort pour la France lors d'une attaque dans la région d'Erbil en Irak", a annoncé le président Emmanuel Macron sur X, qui a dénonce une attaque "inacceptable".

Selon le ministère des Armées, sept soldats ont été blessés dans une "attaque de drone" et l’adjudant-chef Arnaud Frion "malgré une prise en charge rapide par les équipes médicales présentes, a succombé à ses blessures". Il était déployé en Irak depuis fin janvier.

Les six blessés sont "toujours à l’hôpital. Leur rapatriement en France se met en place", a-t-il ajouté.

C'est le premier soldat français tué depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, déclenchée par des frappes israélo-américaines sur l'Iran le 28 février et qui s'est propagée dans plusieurs pays de la région. 

Le drone a frappé jeudi à 19h40 GMT "la base kurde de Mala Qara" où étaient installés les militaires français. Cette base est située à une quarantaine de kilomètres au sud-ouest d'Erbil, la capitale de la région autonome du Kurdistan irakien.

Depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, le Kurdistan irakien et Erbil ont essuyé de multiples attaques imputées à des factions pro-iraniennes, visant notamment les dispositifs militaires américains dans la région. Ces attaques ont pour la plupart neutralisées par la défense antiaérienne.

Des militaires américains, mais aussi français, britanniques ou encore italiens, sont déployés en Irak dans le cadre de la coalition internationale mise en place en 2014 contre le groupe Etat islamique.

Déploiement "défensif

"Leur présence en Irak s’inscrit dans le strict cadre de la lutte contre le terrorisme", rappelé Emmanuel Macron.

Les militaires français touchés étaient "engagés dans des actions de formation à la lutte contre le terrorisme auprès de partenaires irakiens", selon l'état-major des Armées.

En parallèle, un groupe armé pro-iranien nommé Ashab al-Kahf a annoncé vendredi sur Telegram prendre pour cible les intérêts français dans la région après le déploiement du porte-avion français Charles-de-Gaulle en Méditerranée orientale.

"Après l'arrivée du porte-avions français dans la zone d'opérations du Commandement central américain (chargé du Moyen-Orient, ndlr) et son engagement dans les opérations, nous annonçons à partir de cette nuit que tous les intérêts français en Irak et dans la région seront pris pour cible", a déclaré le groupe pro-iranien d'Irak.

Cette milice chiite pro-iranienne a exhorté les forces de sécurité à rester à au moins 500 mètres d'une base à Kirkouk (nord) où se trouvent, indique-t-il, des militaires français, sans revendiquer directement la frappe.

Pour Emmanuel Macron, la guerre en Iran "ne saurait justifier de telles attaques".

Le président français a mis en avant ces derniers jours le "rôle défensif" de la France dans la guerre déclenchée le 28 février par des frappes israélo-américaines sur l'Iran et qui s'étend dans plusieurs pays de la région sous l'effet de tirs de missiles et de drones par Téhéran.

Paris a renforcé son dispositif dans la région pour "protéger les ressortissants français" dans la zone et apporter un soutien aux partenaires de la France, comme le Liban ou les pays de la péninsule arabique, a-t-il fait valoir.

Au centre de ce déploiement se trouve le porte-avions français et son groupe aéronaval en Méditerranée orientale. Ce dispositif est selon M. Macron appelé à mobiliser huit frégates et deux porte-hélicoptères amphibies dans une vaste zone incluant également la mer Rouge et le détroit d'Ormuz dans le Golfe.