Depuis plus de 35 ans, l’Association pour le droit à l'initiative économique (Adie) accompagne et finance les micro-entreprises. En 2024, elle a ainsi accordé 28 852 microcrédits professionnels (+1 %) à 16 687 créateurs d’entreprise (+3 %) et 7 505 microcrédits mobilité à des particuliers. Dans l'Oise, Nathalie Dumont, fondatrice de la Fabrik de Nathy à Saint-Maximin fait partie des bénéficiaires de l'Adie. Un accompagnement qui lui a permis de donner une nouvelle dimension à son entreprise.
L'aventure débute avec le désir de se réorienter professionnellement. Après avoir été clerc de notaire pendant une quinzaine d’années, puis responsable commerciale dans l’entreprise familiale de restauration collective, Nathalie Dumont a souhaité se consacrer à sa passion. «Je couds depuis que j’ai 12 ans. En 2021, j’ai eu envie de m’écouter et d’en faire mon métier», explique-t-elle. Après avoir validé ses compétences avec un CAP «couture floue», elle crée à Saint-Maximin «La Fabrik de Nathy», une entreprise spécialisée dans la création et la fabrication sur mesure de sacs à main.
«La première année, j’ai vraiment testé le marché en faisant beaucoup de salons et de marchés», ajoute-t-elle. Rapidement, les commandes s’accumulent et la machine à coudre classique ne suffit plus. «J’ai commencé par aller voir ma banque pour lui parler de mon projet, mais elle ne m’a pas suivie» regrette-t-elle. Alors, en cherchant sur internet, elle tombe sur l'Adie.
«Je ne connaissais pas du tout le principe ni le fonctionnement, mais la confiance s’est installée assez vite», se souvient-elle. L’agence de Nogent-sur-Oise lui accorde un microcrédit qui lui permet d’acquérir une machine semi-professionnelle. «Cela a été un véritable coup de boost : sans ce coup de pouce de départ, la suite n’aurait pas été la même» analyse Nathalie Dumont. En 2024, l’Adie Oise a financé 143 projets d’entreprise, dont 41 % portés par des femmes et 31 % par des personnes résidant dans les quartiers prioritaires de la ville (QPV).
Un booster de projets
Progressivement, la Fabrik de Nathy s’est développée. Tout en continuant à arpenter les salons et les marchés, Nathalie Dumont a intégré quatre boutiques (dans l’Oise, le Nord et le Pas-de-Calais) et s’est engagée dans la charte qualité «Confiance» portée par la Chambre de métiers et de l'artisanat (CMA) de l’Oise. Grâce à cela, elle a décroché une subvention de la Région afin d’entreprendre des travaux et d’aménager un showroom-atelier à Saint-Maximin pour recevoir ses clientes. Un lieu ouvert depuis octobre dernier.
«Je propose toujours du sur-mesure, ce qui me permet de créer le sac à main qui correspond exactement aux envies et aux besoins de mes clientes». La créatrice aime écouter ses clientes parler de leurs sacs, de leurs habitudes, de leurs modes de vie. «Je façonne ensuite quelque chose qui leur ressemble vraiment» résume celle qui organise aussi des ateliers créatifs. «À l’avenir, j’aimerais aussi exporter mes créations, en Suisse, où j’ai déjà vendu plusieurs de mes sacs, ainsi qu'en Belgique», dit-elle.
Des entrepreneurs prescripteurs
Nathalie Dumont est aussi devenue prescriptrice de l’Adie, un service qu’elle a récemment conseillé à une amie qui porte un projet de showroom de robes de mariée de seconde main, également dans l’Oise. «Elle a présenté son dossier à l’équipe de Nogent-sur-Oise et a été soutenue», se réjouit la dirigeante. D’ici l’année prochaine, toutes deux souhaiteraient s’associer pour créer un lieu mêlant sacs à main, robes de mariée et atelier. «Si cela fonctionne, nous aimerions franchiser ce concept», confie-t-elle.
Pour Aletheia Press, DLP
L’Adie veut doubler le nombre d'accompagnements dans les quartiers prioritaires
Selon les derniers chiffres de l’association, un habitant des quartiers prioritaires sur cinq aurait envie d’entreprendre, contre une personne sur neuf dans le reste de la population française. Pourtant, seuls 3% d’entre eux dirigent une entreprise. Ce fossé s’explique en grande partie par un manque de solutions de financement adaptées. L’Adie a accompagné 6 660 entrepreneurs issus de quartiers prioritaires de la ville en 2025. Mais l'association veut doubler ce chiffre à l'horizon 2027 et atteindre 15 000 entreprises grâce à son programme «Jump».