Portrait

Décarbonation : qui financera la transition des élevages bovins ?

Sicarev Coop et Tradival s’associent à Pilgrim’s Europe Orléans, McDonald’s France et Lidl France pour accompagner 30 élevages de Bourgogne-Franche-Comté dans leur décarbonation. Testé pendant cinq ans avec le soutien de la Région, le dispositif entend concilier réduction de l’empreinte carbone, résilience et revenu des éleveurs.

C’est au GAEC du Petit Nanteux, à Saint-Prix-lès-Arnay (Côte-d’Or), que les partenaires ont officiellement lancé, le 1er octobre, leur expérimentation. Autour de Sicarev Coop et Tradival, Pilgrim’s Europe Orléans, McDonald’s France et Lidl France ont signé les conventions encadrant un programme pilote consacré à 30 élevages bovins de Bourgogne-Franche-Comté. Pendant cinq ans, chacun bénéficiera d’un diagnostic environnemental, d’un plan d’actions personnalisé, d’un accompagnement technique et d’un soutien financier de la filière. 

«Il faut absolument que cela ramène de l’économie dans les exploitations»

L’objectif est de tester les conditions permettant de diminuer l’empreinte carbone sans fragiliser les exploitations. «Il faut absolument que cela ramène de l’économie dans les exploitations et que ça ne détériore pas leur équilibre économique», insiste François Chaintron, directeur développement des filières chez Sicarev Tradival. Pour mesurer les progrès, le programme utilisera la méthode CAP2ER niveau 2, qui passe au crible quelque 250 critères, des émissions de gaz à effet de serre au carbone capté par la ferme. 

Des fermes plus autonomes et résilientes 

Parmi les leviers envisagés : améliorer la qualité des fourrages afin de réduire les concentrés, avancer l’âge au premier vêlage, réduire l’intervalle entre deux vêlages ou encore engraisser davantage d’animaux sur l’exploitation. L’enjeu est de produire davantage de kilos de viande avec un même troupeau et de gagner en autonomie. «Le fait de gagner en autonomie va amener de la résilience. Le fait de sortir plus de kilos de viande en diluant des charges fixes fait qu’on améliorera également le revenu des agriculteurs», explique François Chaintron. 

Le projet associe financements privés et publics : la Région Bourgogne-Franche-Comté doit notamment prendre en charge 80% des études techniques, tandis que les partenaires de la filière financent le complément et une prime aux éleveurs. Au-delà des 30 fermes pilotes, l’ambition est de faire émerger un modèle reproductible et susceptible d’être élargi à d’autres élevages. Avec un impératif économique : «Si on a une viande décarbonée, à un moment donné, il faudra qu’elle soit mieux valorisée, parce que les efforts ne peuvent pas tous être supportés par le producteur». Pour Sicarev Tradival, l’enjeu est aussi de faire de la performance environnementale un élément de différenciation de la viande française face aux importations.