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Dijon : une journée pour décarboner l’industrie

Décarboner une activité industrielle n’est pas toujours une chose aisée. Pour guider les acteurs économiques dans leur démarche, le réseau Je-décarbone a organisé une journée dédiée, à Dijon ce 22 janvier.

Je-décarbone à Dijon a mis en lumière des actions concrètes et des outils au service des industriels pour les encourager à se lancer dans une démarche de décarbonation. © Aletheia Press / Nadège Hubert
Je-décarbone à Dijon a mis en lumière des actions concrètes et des outils au service des industriels pour les encourager à se lancer dans une démarche de décarbonation. © Aletheia Press / Nadège Hubert

Il y a ceux qui sont convaincus qu’ils doivent faire évoluer leurs pratiques et ceux qui s’interrogent encore mais que la législation fixée par l’État va obliger à agir en faveur de la décarbonation. Pour accompagner les industriels dans cette démarche, la communauté Je-décarbonne proposait une journée d’information et de rencontres le 22 janvier dernier à Dijon. Plutôt que de longs discours, l’évènement s’est appuyé sur des outils disponibles et des retours d’expérience concrets issus de toute la Bourgogne-Franche-Comté.

Parmi les témoins côte-d'oriens du jour, se trouvaient les laboratoires Urgo, leader dans le domaine de la santé et du bien-être qui emploie 3 850 collaborateurs dont 1 000 dans le département et qui réalise un chiffre d’affaires de 800 millions d’euros. Alors que le groupe pharmaceutique a planifié d’investir 110 millions d’euros sur la période 2023 – 2028, il s’inscrit dans une démarche engagée de décarbonation. «En 2021, nous avons initié un investissement de 22 millions d’euros pour construire un centre logistique de 16 000 mètres carrés» a introduit Denis Frerot, chargé de projet chez Urgo.

L’entreprise a fait le choix de la proximité, à proximité de Dijon, tout en veillant à réduire l’impact environnemental de ce site. «Nous avions le choix de recourir à l’énergie solaire ou à la géothermie. Nous avons opté pour l’énergie du sol» détaille le chargé de projet. Après deux ans d’utilisation, le bilan est positif. «Nous considérons que nous avons eu raison, car la géothermie couvre 80 % de nos besoins en chaud ou en froid. Notre principal poste de dépense concerne le maintien en température, la géothermie y répond» analyse Denis Frerot.

Des outils à disposition

Pour ce projet estimé à 800 000 euros, l’entreprise a bénéficié d’une subvention de l’Ademe à hauteur de 40 %, soit 375 000 euros. De son côté, la CCI régionale a présenté d’autres outils à la disposition des entreprises désireuses de se décarboner. Parmi ceux-ci, TEE -Technicien énergie et environnement – propose une formation qualifiante à l'issu de laquelle le salarié devient un référent technique interne. De son côté, Prorefei est un dispositif de formation courte, destiné aux dirigeants et responsables de site, visant à leur donner les clés pour identifier rapidement les leviers d’efficacité énergétique et engager des actions concrètes. Ces deux outils offrent une véritable complémentarité.

Antony Celli, ingénieur décarbonation de l’industrie à l’Ademe, a pour sa part mis en avant l’outil ACT pas à pas. «Après un bilan carbone, point de départ pour passer à l’action, il s’agit de fixer un objectif et une trajectoire bas carbone avec un échéancier et des objectifs intermédiaires» développe-t-il. Mais ce n'est pas tout. «Il faut aussi des personnes pour piloter ce plan de transition climatique en l’adaptant et en l’intégrant à la stratégie globale de l’entreprise. L’Ademe peut vous guider ou vous aider».

Multiplier les pistes de décarbonation

L’exemple de So Bag, fabricant de big bags en Saône-et-Loire, a mis en lumière plusieurs axes de décarbonation au sein d’une PME. En plus d’avoir collaboré avec EDF à l’installation de panneaux photovoltaïques sur sa toiture et un système d’aspiration, l’entreprise aux 35 collaborateurs a mis en place une filière de recyclage de ses sacs. «En 2027, nous devrions recycler 200 tonnes soit 60 % du volume que nous mettons sur le marché» a souligné Nicolas Chevalier, directeur général de l’entreprise. Il espère aussi mettre sur le marché un big bag biosourcé à base de chanvre avant l’été. Des témoignages qui ont fait la preuve que la décarbonation est à la portée de toutes les entreprises.

Pour Aletheia Press, Nadège Hubert