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So Bag, initiateur d’une filière de réemploi en Bourgogne

Depuis plusieurs années, So Bag s’emploie à mettre en place une filière de recyclage pour ses big bag. À force de persévérance, l’entreprise de Blanzy a trouvé les partenaires compétents tandis qu’elle cherche à sécuriser sa filière d’approvisionnement.

So Bag réalise des big bag en matière recyclée pour les industriels notamment. © So Bag
So Bag réalise des big bag en matière recyclée pour les industriels notamment. © So Bag

Basé à Blanzy, So Bag est spécialisée dans conteneurs souples de grande contenance de type big bag, utilisés dans des secteurs variés allant de l'agroalimentaire, la chimie… en passant par les matières dangereuses. Parmi les projets de l'entreprise : la création d'une de filière de recyclage pour ses conteneurs. Un travail de longue haleine. D’abord, il a fallu trouver des entreprises capables de transformer les big bag usagés en granulés, ensuite intégrés, en tant que matière recyclée, dans de nouveaux produits.

Après avoir passé quatre ans à travailler sur ce sujet, l’entreprise So Bag de Blanzy a trouvé la bonne voie. «Nous avons essuyé les plâtres. Désormais, nous transformons et nous regénérons en France grâce à de bonnes collaborations. Puis nous envoyons les granulés à notre fournisseur tchèque pour avoir une toile en matière recyclée jusqu’à 50 % pour garantir la solidité» explique Nicolas Chevalier, président de So Bag. L’entreprise a réalisé les indispensables tests d’homologation de ce produit recyclé.

La société a commencé par recycler ses déchets de production, en 2024, avant de mettre en place un système de collecte auprès de ses clients l'année suivante. «Cela nous a demandé du temps de définir une chaîne logistique pour récupérer les big bag usagés et les envoyer chez nos transformateurs où ils sont broyés, lavés et séchés» détaille Nicolas Chevalier. Mais le recyclage dépend aussi des secteurs d'activité concernés. «Tous les big bag ne peuvent pas être recyclés selon les matériaux contenus. On ne peut pas avoir de matières dangereuses par exemple» complète le président.

Décarboner une filière

Pour So Bag, toute la difficulté consiste à trouver des gisements pérennes. «Nous voudrions récupérer autant de big bag usagés que possible, que ce soit les nôtres ou d’autres» souligne Nicolas Chevalier. L’entreprise de Saône-et-Loire entend décarboner de 50 % son activité d’ici 2030 et prévoit de recycler 200 tonnes de big bag en 2027, après avoir sécurisé ses approvisionnements.

Chaque année, près de 15 millions de big bag sont vendus aux industriels en France tandis que So Bag en produit 150 000 par an. «En utilisant de la matière recyclée, les big bag sont dix fois moins carbonés qu’une matière vierge» insiste Nicolas Chevalier. Entre la loi Agec et le règlement PPWR qui prévoit que 100% des emballages devront être recyclables en 2030 ou encore le projet d’écotaxe sur les emballages industriels, les entreprises ont tout intérêt à s’engager dans la démarche. Déjà, Michelin s’est tourné vers So Bag pour utiliser ces produits recyclés.

Une question de volonté

«Les clients doivent s’équiper pour mettre en balle les big bag. C’est plus facile de mettre à la benne ou à l’enfouissement, mais cela a quand même un coût» avertit le président de l'entreprise. Pourtant, les freins sont faibles et les avantages réels. «Ce n’est pas complexe, ça demande surtout du temps. Je crois même, qu’au final, mieux gérer ses déchets peut engendrer des économies. C’est une question de volonté des entreprises» analyse Nicolas Chevalier.

Les difficultés reposent principalement sur la filière de recyclage qui, outre les produits contenus, doit aussi s’adapter aux futurs contenus. C'est particulièrement vrai pour les industries agro-alimentaires qui demandent des traitements et des procédés spécifiques «en cours de développement». La filière s’installe donc progressivement mais sûrement en Bourgogne du sud.

Pour Aletheia Press, Nadège Hubert