Mus par l'envie de "rendre service" et "l'espoir" de retrouver Manon Relandeau, agricultrice de 31 ans portée disparue depuis près de deux mois, 300 volontaires ont ratissé samedi les alentours de Saint-Etienne-de-Montluc (Loire-Atlantique).
Regroupés dans un champ sous un soleil de plomb, une trentaine de bénévoles en gilets jaunes, qui forment le groupe Delta, écoutent les dernière consignes d'un gendarme.
"Un coup de sifflet, on s'avance. Deux coups de sifflet on repart", lance le militaire aux citoyens rassemblés.
"Tout indice est important pour l'enquête, si vous voyez quelque chose de particulier, vous levez la main et surtout vous ne touchez pas!", explique-t-il sous le regard d'une autre gendarme qui transporte un bâton et une pelle.
Une bénévole demande ce qu'est considéré comme un indice. "Tout ce qui vous semble particulier.... Un paquet de cigarettes, des lunettes de soleil, de la terre retournée", répond le militaire devant un public attentif.
Manon Relandeau, qui réside à Saint-Étienne-de-Montluc (Loire-Atlantique), n'a plus donné de nouvelles depuis le 27 mars, selon l'appel à témoins diffusé par la gendarmerie tandis que sa disparition a elle été signalée le 3 avril. Le parquet de Nantes a ouvert une enquête pour meurtre et enlèvement.
Les bénévoles forment une ligne droite cahin caha et scrutent méticuleusement le champ à faible allure, en ratissant la terre avec leurs chaussures.
"Moi je suis maman et grand-mère, si on pouvait trouver quelque chose pour arriver à la trouver... ça ne devrait pas arriver ces choses-là", glisse Brigitte, venue de Cordemais et très marquée par la disparition de Manon Relandeau.
56 hectares inspectés
Auparavant, les bénévoles, équipés de bâtons, de gilets jaunes et de chaussures de marche, s'étaient réunis dans une salle municipale avant d'être répartis en groupes.
"On a réparti ces 300 personnes sur sept différentes zones qui ont été exploitées par Mme Relandeau", a expliqué le lieutenant-colonel Gonzague Caffart, qui commande la compagnie de gendarmerie départementale de Nantes.
Les recherches seront "inscrites en procédure", a-t-il souligné. À l'issue de l'opération, les volontaires vont transmettre aux autorités "via une application en source ouverte le cheminement qu'ils auront parcouru".
"Si on peut la retrouver, ce serait formidable (...) Il n'y a plus d'espoir malheureusement qu'elle soit en vie mais il faut la retrouver maintenant", estime Liliane, 51 ans, qui vient d'une commune limitrophe.
Drones, équipes cynophiles et survols en hélicoptère avaient précédemment permis aux gendarmes de cartographier le secteur, qui comprend des zones marécageuses.
Samedi soir, la gendarmerie a indiqué que la battue avait permis de relever "de nombreux éléments" qui vont être "traités pour analyse", sans apporter davantage de précisions sur leur nature. En outre, 56 hectares sur les 65 prévus ont pu être inspectés avec "quatre points d'eau détectés grâce à cette battue".
"Les zones qui n'ont pas été couvertes le seront soit par les gendarmes soit par une nouvelle battue, cela dépendra des résultats d'analyse", ont précisé les militaires.
Le conjoint de Manon Relandeau, âgé de 41 ans, de nationalité algérienne, a pris l'avion le 2 avril avec leur fille alors âgée de 15 mois, à destination de l'Algérie. Il a été arrêté le 27 avril dans son pays d'origine, où il a été placé en détention provisoire. L'enfant était avec lui au moment de son interpellation.
Dans ce dossier, un chauffeur de taxi et une femme de ménage sont mis en examen pour "association de malfaiteurs en vue de la préparation d'un crime" et "modification des lieux d'un crime".
"J'espère que le dénouement est proche", a confié à l'AFP Jérôme, participant quadragénaire à l'allure sportive, qui a souhaité apporter sa "pierre à l'édifice".