Réaffirmer le soutien de l’État à la filière automobile électrique française était l’objectif principal de Sébastien Martin, ministre délégué chargé de l’Industrie, lors de sa visite, ce 21 janvier, sur les sites d’AESC Envision et de Renault de Douai. «Malgré un contexte budgétaire contraint, le soutien de l’État au véhicule électrique est maintenu. Les aides à l’achat restent fixées à un milliard d’euros cette année», a-t-il déclaré, précisant que le montant de la prime par véhicule serait revalorisé.
Sébastien Martin a également insisté sur la nécessité de renforcer la chaîne de valeur européenne. Il plaide pour qu’au moins 75% de la valeur des véhicules électriques soient produits en Europe. «Si nous voulons protéger nos investissements, nos emplois et nos sous-traitants, c’est vers cela que nous devons aller», a-t-il ajouté. Selon lui, la France « est en train d’obtenir cet objectif» et entend porter cette exigence au niveau européen.
L’usine AESC Envision, un site stratégique pour la filière
Le ministre a d’abord parcouru les lignes de l’usine de batteries électriques AESC Envision. «Nous fabriquons les électrodes, assemblons les cellules et formons les packs qui peuvent directement être installés sur les voitures», explique Ayumi Kurose, directeur du site. Les batteries produites ici équipent déjà certains des modèles Renault à Douai. «À l’avenir, nous espérons équiper encore plus de véhicules», précise-t-il. Le ministre a constaté que l’usine monte encore en cadence. Le site a démarré mi-2025, alors que les dernières lignes ont été mises en route il y a seulement deux ou trois mois. La production fonctionne en continu, 24 heures sur 24.
Le site devrait atteindre mi-2026 son premier gigawattheure, suffisant pour équiper environ 20 000 véhicules. «Nous visons ensuite 10 GWh par an, l’équivalent de batteries pour 180 000 à 200 000 véhicules», précise Ayumi Kurose, dont la moitié sera destinée aux voitures Renault. Le site emploie déjà 900 personnes et prévoit d’atteindre 1 200 salariés. Avec ses six lignes de production, il affiche un taux de rebut de seulement 5 %. Sébastien Martin a salué la performance : «Ce site montre, qu’en France, des batteries de qualité sont produites».
Renault passe le cap des 100 000 unités produites
La visite s’est ensuite poursuivie chez Renault, à Douai. C’est ici que sort la Renault 5 électrique, devenue en un an la voiture électrique la plus vendue en France. En décembre 2025, le cap des 100 000 unités produites a été franchi, un succès que le ministre a souligné. «La France a les compétences et l’outil industriel pour rester un acteur majeur de l’automobile électrique». Le site a investi plus de 500 millions d’euros, modernisé ses lignes et recruté 900 salariés supplémentaires, avec un passage au 3x8 et une demie-équipe de nuit.
«Nous sommes compétitifs. Chaque jour, nous cherchons des améliorations, pour concurrencer la Chine», souligne François Provost, directeur général de Renault. Douai produit six modèles électriques sur une même ligne, de la R5 au Scénic, et prévoit d’accueillir prochainement d’autres véhicules, notamment une Ford. Les équipements ultra-connectés et l’usage de l’intelligence artificielle, pour suivre la production, ont particulièrement retenu l’attention du ministre. Avec 2 527 salariés et 920 véhicules produits par jour, soit trois fois plus qu’en 2023, l’usine confirme sa montée en puissance.
Le ministre a également rappelé l’efficacité des mesures gouvernementales mises en place. «Sur les dix véhicules électriques les plus vendus en France, sept sont français et aucun n’est asiatique. C’est la preuve que toutes les actions, comme la taxe de 10% sur les véhicules contenant des batteries asiatiques, produisent leurs effets. Et nous allons continuer dans ce sens», a-t-il conclu.
Pour Aletheia Press, Lolita Péron Vranesic