Édouard Philippe: objectif Le Havre, destination Élysée
Une réélection au Havre avant de prendre le large pour l’Élysée ? Édouard Philippe sollicite un nouveau mandat dans la cité portuaire, fondation de son identité politique et étape aussi obligée que...
Une réélection au Havre avant de prendre le large pour l’Élysée ? Édouard Philippe sollicite un nouveau mandat dans la cité portuaire, fondation de son identité politique et étape aussi obligée que risquée de sa candidature à la présidentielle.
Les élections municipales (15-22 mars) se suivent et ne se ressemblent pas au Havre. Quoique.
En 2020, c'est en tant que Premier ministre qu’Édouard Philippe avait candidaté à sa réélection après avoir été élu dès le premier tour en 2014, quatre ans après avoir été installé dans le fauteuil de maire par son mentor, Antoine Rufenacht.
Après la crise des "gilets jaunes", l'ex-chef du gouvernement d'Emmanuel Macron était embarqué dans la réforme des retraites pour laquelle il venait de déclencher l'article 49.3 de la Constitution. Une imposante présence policière entourait la salle François Ier pour son lancement de campagne, encerclée par des centaines d'opposants à la réforme.
La crise du Covid éclatant au moment du premier tour, le second fut reporté de trois mois. Entre temps, Édouard Philippe vit sa popularité augmenter en flèche pour sa gestion de la crise sanitaire. Réélu maire du Havre, il fut remercié de Matignon et remplacé par Jean Castex.
Six ans plus tard, c'est en tant que candidat déclaré à l'élection présidentielle que le maire retourne devant ses administrés.
Une étape obligée pour cet élu local qui a placé les maires au cœur de son parti, Horizons, fondé en 2021. Une épreuve qui ne supporte pas le faux-pas en vue de l’Élysée. "Si j'échouais à convaincre les Havrais (...) je ne serais pas dans une bonne position pour essayer de convaincre les Français", a-t-il récemment déclaré sur LCI.
"Il est absolument indispensable qu'il soit réélu au Havre", prévient une figure d'Horizons. "S'il perd, c'est terminé", confirme un autre.
Premières municipales d'Horizons
Poussé, même par Antoine Rufenacht, à se présenter à la mairie de Paris lorsqu'il était Premier ministre, Édouard Philippe ne s'est jamais détourné du Havre, ville où son grand-père était docker encarté à la CGT.
L'énarque et Conseiller d'Etat siège au Conseil municipal depuis 2001. Il devint peu de temps après le premier directeur général de l'UMP (devenue depuis Les Républicains) dans la foulée de la réélection de Jacques Chirac, dont Antoine Rufenacht dirigea la campagne. L'UMP eut pour premier patron son autre mentor en politique, Alain Juppé, qui songea un temps à Edouard Philippe pour la mairie de Bordeaux.
Mais Le Havre est "la ville où mon père est enterré, le père de mon père, le père du père de mon père", la seule "où je peux envisager de me présenter au suffrage universel", expliquait-il déjà en 2020.
Cette année, Édouard Philippe affrontera à nouveau le communiste Jean-Paul Lecoq, pour qui il a voté face au Rassemblement national aux législatives après la dissolution. Dans cette ville longtemps détenue par le PCF, M. Lecoq mène une liste de gauche unie hors La France insoumise. En 2020, il n'avait pas fusionné avec les écologistes entre les deux tours.
L'UDR d’Éric Ciotti et le Rassemblement national seront représentés par Franck Keller, conseiller municipal à Neuilly-sur-Seine. Ces municipales, "c'est peut-être le même fleuve, mais ce n'est pas la même histoire", glisse-t-on dans le camp philippiste, "confiant" mais "absolument concentré" dans cette course particulière à la réélection.
Au delà du Havre, Horizons aborde une étape importante de sa jeune existence avec ces premières élections municipales. Son vice-président Christian Estrosi sollicite une délicate réélection à Nice face à Éric Ciotti. Son secrétaire général Christophe Béchu sollicite un nouveau mandat à Angers.
A Paris, le candidat Horizons, Pierre-Yves Bournazel, a reçu le soutien de Renaissance, au grand dam de Rachida Dati qui ne retient plus ses coups contre Édouard Philippe, accusé de vouloir faire "perdre la droite" dans la capitale.
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