Le ralentissement se confirme. Au premier trimestre 2026, Hellowork a recensé 2,4 millions d’offres d’emploi publiées sur sa plateforme, tous contrats confondus. Le volume reste élevé, à un niveau comparable à celui du milieu de l’année 2023, mais la dynamique s’est nettement dégradée en ce début d’année. Après plusieurs trimestres de baisse modérée, le marché pourrait entrer dans une phase plus installée de repli. Le décrochage s’explique en grande partie par un mois de janvier particulièrement en retrait (-2,1%). Pour David Beaurepaire, directeur délégué au développement de Hellowork, les entreprises ont surtout différé ou réduit leurs recrutements, dans un contexte de faible visibilité économique. Février et mars restent orientés à la baisse, mais de façon moins brutale (-1,0 % puis -1,6 %), ce qui laisse entrevoir une forme de stabilisation, mais sans véritable rebond à ce stade.
Les embauches durables davantage freinées
Tous les contrats ne sont pas touchés avec la même intensité. Le CDI enregistre le recul le plus marqué, avec une baisse de 6 % sur le trimestre. Ce mouvement traduit la prudence persistante des employeurs sur les engagements de long terme. L’intérim recule lui aussi, mais plus modérément, de 3 %, et continue de jouer son rôle de variable d’ajustement face aux fluctuations d’activité. Les CDD sont également en repli, de 4 %. À l’inverse, l’alternance fait figure d’exception. Les offres progressent de 1 % sur douze mois glissants, par rapport au trimestre précédent. Après une année 2025 marquée par les effets de la réforme du financement de l’apprentissage, ce segment semble un peu se stabiliser, même s’il n’a pas encore retrouvé ses niveaux antérieurs.
Des territoires plus exposés que d’autres
Le ralentissement ne frappe pas partout avec la même intensité. L’Île-de-France et l’Auvergne-Rhône-Alpes restent les deux premières régions en volume d’offres, concentrant à elles seules près de trois annonces sur dix. Mais l’écart entre elles se resserre. L’Auvergne-Rhône-Alpes limite la baisse à 3 %, quand l’Île-de-France recule de 6 %. La Bretagne et l’Auvergne-Rhône-Alpes résistent mieux, portées notamment par les besoins dans les services à la personne. À l’inverse, l’Île-de-France souffre davantage du recul des fonctions commerciales et des métiers de la finance « historiquement plus exposés aux cycles économiques et aux décisions de rationalisation », tandis que la Normandie est pénalisée par la baisse des recrutements industriels.
Dans les grandes métropoles, le repli est encore plus net que dans l’ensemble du pays : sur les dix principales agglomérations, les offres baissent de 6,4 %, avec des replis particulièrement marqués à Paris et Bordeaux.
Santé et services tiennent, la comptabilité commence à fléchir
Côté métiers, la hiérarchie évolue aussi. La santé et le social continuent de bien tenir, avec une progression de 2 % et une part importante des offres. Les services à la personne et aux entreprises restent eux aussi à un niveau élevé, malgré un léger recul. Les besoins demeurent particulièrement soutenus pour les auxiliaires de vie, les aides ménagers ou encore les infirmiers. En revanche, le ralentissement s’étend à plusieurs grandes familles de métiers. L’industrie reste orientée à la baisse, qu’il s’agisse de la production, de la maintenance, des fonctions techniques ou de l’ingénierie. Les fonctions commerciales poursuivent également leur recul.
« Le fait nouveau de ce début d’année » pour Hellowork concerne la comptabilité, la gestion et la finance, qui commencent à leur tour à décrocher, après avoir mieux résisté jusqu’ici. Les bureaux d’études, la R&D et le BTP enregistrent, eux, des baisses encore plus prononcées (respectivement, -12 et -10%). Dans l’intérim, le BTP et l’industrie restent centraux, mais reculent eux aussi. Le commerce et la distribution enregistrent un repli marqué de 7%, sur fond de consommation atone et de restructurations dans plusieurs enseignes.
À rebours de cette tendance générale, les offres mentionnant l’intelligence artificielle (IA) poursuivent leur progression. Elles ont été multipliées par 2,4 en trois ans, même si cette poussée reste très concentrée en Île-de-France et dans les métiers de l’informatique et de la data.
* Baromètre trimestriel d’Hellowork