La presse offset dernière génération tourne à plein régime et divulgue ses feuilles en grand format à un rythme soutenu. Devant son imposant écran de contrôle, l’opérateur ajuste si besoin les différents paramètres pour mener à bien l’opération d’impression d’une façon optimale.
Plus loin dans l’atelier, ses collègues effectuent des travaux de façonnage, de brochage et autres packaging. Une chaîne complète et maîtrisée des différents métiers de l’impression. Un 360° total, quasi indispensable voire tout simplement vital.
«Notre marché est en déclin mais pourtant il possède un avenir ! Un avenir plus concentré au niveau des acteurs et surtout basé sur la pluridisciplinarité et la complémentarité et la diversification de nos activités».
Dans les allées du bâtiment de 7 500 m² sur le site Saint-Jacques de Maxéville, Simon Gravier, le pilote de l’Imprimerie Moderne et depuis un peu plus d’un an de l’imprimeur SharePrint (ancien propriétaire du bâtiment) sait pertinemment que cette diversification de marchés s’affiche comme le salut pour bon nombre d’imprimeurs.
Restait juste à pouvoir atteindre une certaine taille critique. Pilote de l’Imprimerie Moderne depuis 2015 et de Digi’Offset, entreprise créée par son père Alain Gravier en 1997 à Marly et aujourd’hui installée à Bouxières-sous-Froidmont sur la zone de Lesménils en bordure de l’autoroute A31. Celui qui a été le plus jeune patron d’imprimerie offset de France avait depuis longtemps l’idée de renforcer son offre de services et d’afficher de nouvelles prestations à son catalogue.
«SharePrint est reconnue dans le milieu pour réaliser tout ce qui est «moutons à cinq pattes» tandis que chez l’Imprimerie Moderne et Digi’Offset nous avons plutôt la particularité de réaliser de gros tirages».
Le marché est en mutation
L’acquisition a pris du temps et a nécessité un certain alignement de planète entre Simon Gravier et les frères Colin, Philippe et Gilles, les anciens dirigeants de SharePrint.
«Avec mon frère, nous cherchions à céder ! Il a fait valoir ses droits à la retraite et moi j’ai atteint les 60 ans et ne me voyais pas racheter ses parts. Il y a trois ans, nous nous sommes mis en quête d’un acquéreur», explique Gilles Colin, aujourd’hui directeur technique et commercial.
Nouveaux marchés
De son côté, Simon Gravier avait dans l’optique d’installer l’Imprimerie Moderne, auparavant basée à Pont-à-Mousson dans des locaux devenus au fil du temps obsolètes, à côté de son autre imprimerie Digi’Offset sur la zone de Lesménils.
«À la base je souhaitais regrouper l’ensemble des collaborateurs sur Lesménils mais le dossier de construction du nouveau bâtiment a pris trop de temps. J’ai donc repensé à l’alternative de reprise de SharePrint. Avec mon père, nous travaillions déjà avec en faisant appel à eux en sous-traitance lorsque nous étions un peu dans le dur en terme d’activité».
Simon Gravier et Gilles Colin se connaissent également du fait de leur appartenance commune à ImpriFrance, réseau de professionnels rassemblant plus d’une centaine d’imprimeurs et de spécialistes de la chaîne graphique. C’est là qu’ils se rapprochent.
«Nous avons les mêmes valeurs aussi bien au niveau de la pratique du métier et nos structures sont toutes les deux familiales».
En avril 2025 un protocole d’accord est signé et le contrat de vente effectif suit en juillet. À l’automne, la trentaine de collaborateurs de l’Imprimerie Moderne et le parc machines terminent leur déménagement sur le site Saint-Jacques de Maxéville et rejoignent celles de SharePrint. Les deux parcs machines des structures sont complémentaires et s’affichent aujourd’hui comme un des plus conséquent de la région.
«L’acquisition de SharePrint permet de se positionner sur des nouveaux marchés et d’ainsi continuer notre développement».
La localisation à Maxéville affiche un autre atout, celui de la présence dans des locaux adjacents du routeur Lor Diffusion. Ce véritable hub arts graphiques a d’ailleurs été mis en avant à l’occasion de journées portes ouvertes à la fin mars.
«L’objectif était de faire découvrir nos métiers et prestations mais également d’accueillir d’autres imprimeurs de la région de notre réseau de professionnels. Aujourd’hui, il faut que nous travaillons en bonne intelligence. Nos marchés sont en mutation, nous sommes plus confrères que concurrents». Une mutation anticipée grâce à une certaine force de frappe !
Plus de 80 collaborateurs au total dans les trois structures pour un chiffre d’affaires affichant les quelque treize millions d’euros. «En progression constante», assure Simon Gravier.
Un hub version graphique
7 500 m², un parc machines plus que musclé et la présence adjacente du routeur Lor Diffusion ! L’implantation au cœur du site Saint-Jacques de Maxéville de l’Imprimerie Moderne et de sa récente acquisition SharePrint (ancienne propriétaire des lieux) s’additionne à une complémentarité certaine. Une approche à 360° d’un marché en pleine mutation.