En bref

En Picardie, Enedis investit 160 millions d'euros en faveur de l'électrification

Cette année, en Picardie, le gestionnaire du réseau de distribution d'électricité entend consacrer 160 millions d'euros pour accompagner l'électrification des usages, développer le raccordement des ENR et entretenir le réseau existant.

En 2030, la France ambitionne de faire monter son taux d'électrification à 38%, contre 27% actuellement. Pour parvenir à cet objectif, un certain nombre de secteurs, comme l'industrie ou les transports, se sont engagés à décarboner leurs usages. Pour accompagner cette «grande électrification», qui allie souveraineté énergétique et engagement environnemental, Enedis joue un rôle clé. «L'électricité passe par les réseaux, et donc, par nous. Nous nous devons d'investir massivement pour réussir ce virage énergétique» souligne Emmanuel Del Sordo, directeur régional d'Enedis Picardie.

Cette année, le territoire va bénéficier d'une enveloppe de 160 millions d'euros. «Si l'on regarde cinq à six ans en arrière, celle-ci était plutôt de l'ordre de 100 millions d'euros ; il y a donc une réelle accélération» pointe-t-il. Cet investissement doit permettre de développer le niveau d'usage de l'électricité, le raccordement des énergies renouvelables, mais également garantir un haut niveau de qualité de service. «L'entretien et le renforcement de notre réseau sont un enjeu primordial [30 millions d'euros vont être consacrés à cette mission, ndlr]», précise Emmanuel Del Sordo, qui rappelle que ces dernières années, 44 aléas climatiques d'ampleur ont été enregistrés.

Accompagner la décarbonation des usages

«Nous voulons jouer le rôle d'un véritable aménageur électrique du territoire afin d'accompagner nos clients dans cette grande électrification», assure le directeur régional d'Enedis Picardie. Pour cela, le gestionnaire du réseau se veut proactif, en identifiant, avec l'aide des élus et des préfectures, les grands projets sur le territoire. «Tout l'enjeu est d'anticiper les demandes, pour faire en sorte que les réseaux soient là quand le besoin se concrétise», résume Emmanuel Del Sordo.

Une logique appliquée également pour la mobilité. «Nous avons actuellement 5 200 bornes électriques sur le domaine public en Picardie et ce chiffre devrait continuer à croître», constate le responsable. En effet, actuellement, une voiture sur cinq est électrique, en 2030, ce sera une sur trois. «Les besoins sont aussi croissants pour la logistique ou les transports en commun. Là encore, nous devons mener un travail d'anticipation pour répondre à ces demandes», ajoute-t-il.

Recruter des talents

Au-delà de l'investissement financier, Enedis Picardie renforce également chaque année ses équipes. En 2026, elle souhaite recruter 60 collaborateurs. «Nous devons faire connaître nos métiers et les perspectives d'évolution qu'ils offrent», observe Emmanuel Del Sordo. 

En plus de portes ouvertes sur ses sites, Enedis Picardie a signé des conventions de coopération avec cinq établissements, dont Édouard Branly à Amiens ou Paul Langevin à Beauvais, pour adapter les compétences des élèves de bac pro métiers de l'électricité et de ses environnements connectés (Melec). L'objectif est de donner envie d'intégrer les équipes d'Enedis ou celles de ses prestataires. «C'est un travail de long terme, nos besoins ne sont pas ponctuels, au contraire : nous allons accompagner cette grande électrification dans la durée, bien au-delà de 2035», conclut-il.