À l’heure où l’envolée historique des prix à la pompe fragilise les professionnels de l’aide à domicile, le secteur réclame un soutien financier des pouvoirs publics mettant en avant des indemnités kilométriques qui ne couvrent plus les frais réels de déplacement avec un risque bien réel d’interruption de service pour des personnes souvent isolées et confrontées à une perte d’autonomie. Face à cette situation apocalyptique, quelle est la marge de manœuvre du Gouvernement alors que les caisses de l'État sont vides ? Si les précédentes crises ont toujours été accompagnées du fameux «Quoi qu’il en coûte», 2026 voit l’émergence d’une alternative plus light à base d’aides ciblées. C’est dans ce contexte inédit que la commission permanente du Conseil départemental de la Meuse récemment réunie, en séance privée, a décidé d’agir et de se mobiliser pour «accompagner les services d’aide à domicile, dont l’action est indispensable à la cohésion sociale de notre territoire», selon Jérôme Dumont, le patron de l’exécutif meusien.
Subvention forfaitaire exceptionnelle
Concrètement, la Meuse «a décidé d’accorder une subvention forfaitaire exceptionnelle aux services dont les professionnels sont amenés à se déplacer quotidiennement au domicile des usagers». Cette mesure prévoit une revalorisation à hauteur de quatre centimes d’euros par kilomètre calculée sur la base des distances parcourus en 2025. Cette initiative vise à «garantir la continuité des interventions à domicile auprès des publics en situation de fragilité» mais aussi à «préserver le pouvoir d’achat des usagers, en évitant une répercussion de la hausse des coûts sur les tarifs appliqués, dans un contexte économique marqué par un risque inflationniste élevé». Le montant de cette aide exceptionnelle s’élève à 107 910 euros, soit un soutien substantiel pouvant dépasser, à titre d'exemple, 72 000 euros pour l’ADMR, selon les services du Département. Dans un territoire rural, où l’absence de solution alternative à la voiture est une réalité et où pour de nombreux travailleurs, la voiture n’est pas un luxe mais bien un outil, le Département de la Meuse «réaffirme son engagement en faveur du maintien à domicile et du soutien aux acteurs du secteur social et médico-social».