Marion Bocquillon peut enfin respirer. La jeune femme de 26 ans vient d’obtenir l’aval de l’Etat pour construire un bâtiment de 2 000 m² qui accueillera 40 000 emplacements à Forest-Montiers, au nord d’Abbeville. Aujourd’hui, elle regarde l’avenir avec une certaine sérénité mais avoue : «On aurait du construire à l’automne 2025. J’espère démarrer l’activité pour l’an prochain». Elle reste toutefois sous le coup d’un possible recours des opposants au projet (impact environnemental, bien-être animal…) devant le tribunal administratif d’Amiens. Elle est très soutenue par ses pairs et des élus.
Un avis positif
Le projet d’élevage avicole porté par la SCEA Élevage Bocquillon a été examiné mi-septembre par le Conseil départemental de l’environnement et des risques sanitaires et technologiques (CODERST). C’est une instance consultative réunissant notamment des représentants de l’État, des collectivités, des professions concernées, des associations et des experts. Il rend un avis destiné à éclairer la décision du préfet, en complément du travail des services instructeurs et de la consultation du public.
En effet, le projet de la SCEA relève de la réglementation des installations classées pour la protection de l’environnement et fait l’objet d’une procédure d’enregistrement auprès du préfet. Il a donc fait l’objet d’une instruction approfondie afin d’en vérifier la conformité réglementaire et d’évaluer ses incidences, notamment en matière d’environnement, de santé publique et de nuisances potentielles. Dans ce cadre, une consultation du public s’était déroulée du 8 juin au 7 juillet et le projet avait recueilli un avis favorable du conseil municipal de la commune.
Reconquête de notre souveraineté alimentaire
Le CODERST a donc rendu à l’unanimité un avis favorable qui a enclenché l’autorisation préfectorale : «Celui-ci participe au développement impératif de la production agricole française et s’inscrit dans l’objectif national de reconquête de notre souveraineté alimentaire», souligne le communiqué de presse de la préfecture. En effet, plus d’un poulet sur deux, consommé en France, est élevé à l’étranger.
Les poussins français arriveront à un jour. Ils seront nourris avec de l’aliment pour volaille français et à 30% par du blé acheté à ses parents et des voisins : «10% partiront à 30 jours. Ils seront abattus en France et seront destinés aux rôtisseries. Les autres seront abattus et découpés en Belgique. Il faut compter sept heures de route pour se rendre dans un abattoir semblable en Bretagne. Là, ils ne feront que deux heures de trajet. Je prévois de faire six à sept bandes par an. Il est important de conserver notre belle agriculture et la demande du consommateur est importante», précise la jeune éleveuse.