La centrale nucléaire de Gravelines a produit un peu plus de 32 Twh en 2025, soit 1,35 % de moins qu'en 2024. Cela correspond à 60% de la consommation des Hauts-de-France. Seul exploitant au monde à pouvoir s'adapter à la demande en électricité quasi instantanément, EDF a procédé à 222 «baisses profondes» à la centrale en 2025. «En volume, c'est assez conforme aux années antérieures. Ce qui a beaucoup évolué, en revanche, ce sont les moments où ces baisses nous sont demandées. Avec la montée en puissance des énergies renouvelables, l’éolien et le solaire, il est de plus en plus fréquent de devoir baisser la production en journée et non plus seulement la nuit ou le week-end quand la consommation est moindre», commente Antoine Diot, directeur de la centrale depuis juillet 2025.
Quatre des réacteurs de la centrale nucléaire ont reçu de l'ASN (Autorité de Sûreté Nucléaire) l'autorisation de poursuivre leur exploitation jusqu'à 50 ans. Le cinquième devrait la recevoir cette année et le sixième et dernier d'ici 2028. L'ambition d'EDF est désormais de les exploiter jusqu'à 60 ans, au moins. C'est l'une des raisons de l’investissement de quatre milliards d'euros consenti par l’énergéticien pour la centrale nucléaire de Gravelines depuis 2014 et jusqu’en 2028.
L’autre raison a trait aux aménagements pour augmenter encore le niveau de sécurité suite au retour d’expérience de l’accident nucléaire majeur survenu à Fukushima au Japon en 2011. Ainsi, six diesels d’ultime secours capables de fournir de l’électricité aux systèmes de sûreté en cas de non fonctionnement des alimentations électriques ont été installés. La centrale nucléaire est désormais également entourée d’un mur protecteur contre les inondations. L’aménagement de sources d’appoint en eau ultime et d’un nouveau centre de crise locale sont aussi en cours. «Notre centrale est plus sûre aujourd’hui qu’elle ne l’était au début des années 1980 lors de la mise en service des premiers réacteurs», rappelle Antoine Diot.
Augmenter la productivité des réacteurs
Autre ambition d’EDF pour la centrale nucléaire de Gravelines : Augmenter sa capacité de production alors même que les besoins en électricité vont s’accroître durablement sur le territoire, notamment en raison de la décarbonation entreprise par les industriels. Pour ce faire, l’usage de nouvelles technologies va permettre d’augmenter le cycle de production de chaque réacteur. «En passant leur mise à l’arrêt obligatoire pour rechargement de combustible de 12 à 16 mois, nous n’aurons plus que 4 arrêts par an au lieu de six actuellement. Par ailleurs, grâce à la modernisation des rotors basse pression, nous allons pouvoir faire passer la puissance de nos réacteurs de 900 à 940 MW chacun», détaille Antoine Diot.
Avec 1 967 salariés et 1 800 prestataires, la centrale nucléaire est le deuxième employeur privé du territoire, derrière ArcelorMittal. Si l’on ajoute les emplois indirects et induits, ce nombre monte à 14 500. Véritable poumon économique, le site de Gravelines a injecté 103 millions d’euros dans les entreprises des Hauts-de-France en achats de prestations et produits. Il a reversé 99 millions d’euros de taxes et redevances au territoire dunkerquois.