Dossier
Agroalimentaire

Bonduelle : un chiffre d’affaires et une rentabilité stables

Dans un contexte de tensions agricoles, énergétiques et géopolitiques, l’entreprise agroalimentaire nordiste a amélioré son résultat net et renoué avec les bénéfices, malgré la pression sur les marges.



Des employés de Bonduelle travaillent dans un centre de recherche, à Saint-Priest. © Jeff Pachoud

Des employés de Bonduelle travaillent dans un centre de recherche, à Saint-Priest. © Jeff Pachoud

 «Il y a deux ans, le résultat net était significativement négatif. Aujourd’hui, le résultat net est positif», a déclaré le directeur général (DG) du Groupe Bonduelle, Xavier Unkovic, lors de la présentation des résultats annuels 2025-2026, le 5 octobre à Paris.

Dans un contexte «compliqué», le groupe a réussi à maintenir son chiffre d’affaires (2,186 Mds d’euros) et à améliorer le cash flow opérationnel courant (grâce notamment à un allègement sensible des stocks). Mais, en dépit de ces progrès, la marge opérationnelle courante est en léger retrait. «Nous ne sommes pas satisfaits de notre résultat opérationnel courant, mais nous sommes très satisfaits de revenir dans le vert en termes de résultat net et de cash flow».

La zone Europe, qui représente 62,8% de l’activité du groupe, a progressé de +1,3% au global (+1,5% pour les conserves, +2,1%, pour les surgelés et -0,4% pour l’activité salades traiteur). Malgré la croissance du chiffre d’affaires, la rentabilité est en recul en Europe par rapport à l’exercice précédent, du fait de la pression sur les prix tirés vers le bas par les marques distributeurs et des niveaux de stocks élevés, notamment de maïs.

Une accumulation de chocs externes

L’exercice écoulé a été marqué par une série «de chocs externes qui nous ont directement impactés», a poursuivi le DG : hausse massive des importations de maïs chinois subventionné en Europe, hausse des coûts de l’énergie liée aux tensions géopolitiques, sécheresse et vagues de chaleur qui ont affecté les rendements agricoles…

Ce contexte a également ralenti la mise en œuvre du plan de transformation que le groupe a engagé il y a deux ans pour se développer et améliorer sa rentabilité. C’est dans ce cadre qu’il s’est séparé de son activité de salades en sachet en France et en Allemagne, déficitaire : «C’est une des raisons pour lesquelles notre résultat net est repassé dans le vert».

Modernisation des marques, commerces de proximité

La modernisation des marques (Bonduelle, Cassegrain, Globus) est un des éléments clés de cette stratégie de transformation. Objectifs : rénover les packagings, lancer de nouveaux produits pour s’adapter aux nouveaux modes de consommation et à l’évolution des goûts, notamment des jeunes, et rester accessibles à tous à l’heure où les tensions sur le pouvoir d’achat se font sentir. Le groupe entend aussi accélérer la distribution de ses produits dans les commerces de proximité et le hard discount et développer les offres plus cuisinées (toujours autour des légumes). Un challenge car, «à l’origine, Bonduelle est une entreprise de conserves, et un peu de surgelés, très présente dans les hypers et supermarchés», a rappelé Xavier Unkovic,. «Il faut être présent partout, que notre marque soit visible par tous».

Perspectives

Après un début d’année difficile, notamment à cause de la sécheresse et du dérèglement climatique, le groupe s’est fixé pour objectif numéro un de maintenir sa rentabilité opérationnelle à 3,6% et de consolider son assise financière en réduisant son endettement, tout en poursuivant le plan de transformation de l’entreprise. Pour ce qui est de maintenir une marge stable, «cela va dépendre de notre capacité à négocier les prix dans le cadre des négociations avec les distributeurs et de la capacité des consommateurs à accepter une hausse de prix», mais «nous sommes confiants», a conclu le DG.