Basé à Villers-Saint-Paul, le Groupe Loiseleur s’impose comme un acteur majeur de l’aménagement paysager dans les Hauts-de-France et en Ile-de-France. Dirigée depuis 2018 par Laurent Loiseleur, l’entreprise familiale conjugue diversification et adaptation à un marché en mutation. Une stratégie conduite depuis bientôt quatre générations et qui porte ses fruits.
L’entreprise trouve ses racines avec Joseph Loiseleur, avant d’être développée par ses fils Jean et Pierre. Laurent Loiseleur rejoint l’entreprise - alors dirigée par son frère Marc - en 1990, après une formation de paysagiste, et prend en main la direction technique du groupe. «On a travaillé une bonne trentaine d’années ensemble», raconte-t-il à propos de sa collaboration avec son frère. Depuis, le groupe a connu une forte expansion, notamment par croissance externe, pour atteindre sa taille actuelle : 320 salariés et 41 millions d’euros de chiffre d’affaires.
60% de marchés publics
Historiquement centré sur les espaces verts, le groupe s’est progressivement diversifié : terrains de sport, arrosage, recyclage de déchets végétaux ou encore végétalisation intérieure. L’activité reste largement tirée par les marchés publics (environ 60%). Si des incertitudes demeurent, liées aux cycles électoraux, aux financements publics et au ralentissement de certains marchés comme l’immobilier, le secteur reste dynamique, porté par la demande croissante de végétalisation urbaine.
La concurrence y est aussi sévère. Et la place n'est pas facile à défendre pour les entreprises familiales. «On essaye de garder les spécificités d’une entreprise accessible», explique Laurent Loiseleur, insistant sur le suivi des projets après leur livraison. «On a vraiment le souci de faire perdurer dans le temps de nos aménagements».
Un positionnement qui fait mouche, y compris dans le secteur privé. Si le groupe est principalement sollicité pour des aménagements collectifs, il n'exclut plus de se tourner vers le marché des particuliers. «C'est une activité vers laquelle nous nous étions tournés dans le passé. Aujourd'hui, les conditions sont réunies pour qu'on explore de nouveau ce marché. On part dans un projet quand on a les hommes qui vont bien pour le mener», résume le dirigeant.
Une quatrième génération en vue
Les ressources humaines, justement, sont évidemment un vrai sujet. Mais l'entreprise parvient tout de même à recruter sans trop de difficultés. «Là où on a un peu plus de mal, c'est pour des profils qualifiés», admet Laurent Loiseleur. Le groupe mise sur la formation et l’intégration des jeunes, avec environ 10 % d’alternants. Il travaille aussi sa marque employeur, et déployant une politique RSE concertée. Et ce, dans l'esprit d'une entreprise familiale… «Mon bureau est toujours ouvert», sourit le dirigeant. Cette stratégie devrait se poursuivre après son départ programmé fin 2028. La transmission est en effet déjà anticipée : Julien, fils de Marc et neveu de Laurent, qui travaille déjà depuis plusieurs années pour le groupe, devrait en reprendre les rênes. Et ainsi porter une quatrième génération à la tête de l'entreprise familiale…
Pour Aletheia Press, Benoit Delabre