2 millions d’euros, voilà l’objectif de levée de capital de ce Groupement foncier forestier (GFF) d’ici fin 2027. L’objectif est d’acquérir dans un premier temps entre 50 et 150 hectares d’un ou plusieurs massifs forestiers au nord de la Loire, connus pour la qualité de leurs sols (+650 mm eau/an). L’objectif, ensuite, est d’entretenir et de valoriser la forêt, pour dégager un rendement entre 3 à 5 % net d’avantages fiscaux à dix ans pour les actionnaires. Les tâches seront partagées. Le Lillois Christophe Marteau, 52 ans, gestionnaire de patrimoine (consultant actuel chez Noiret Patrimoine, ancien fondateur de PatriNord Conseil et associé-gérant du Family office et gestion de fortune Herest) sera en charge de la gestion courante financière. Antoine Darras, 48 ans et fondateur du cabinet de gestion de patrimoine forestier Arbres & Compagnie à Tardinghen (62), s’occupera des interventions sur les parcelles. Confiance des premiers investisseurs
Depuis la création du GFF en septembre 2025, nos deux associés courent les ventes par appel d’offre et rencontrent les notaires pour dénicher des forêts à acheter. Parallèlement, ils actionnent leurs réseaux. Et ça marche. Recommandés par une banque régionale et des conseils en gestion de patrimoine, ils auront levé lors de la première souscription entre 500 000 et 1 million d’euros d’ici fin mars 2026, avec un ticket d’entrée à 20 000 euros. «C’est bon signe : une douzaine de familles nordistes nous fait déjà confiance», souligne Christophe Marteau. «Elles apprécient un placement incarné, et de pouvoir être invitées à terme sur le terrain pour comprendre comment la forêt est gérée, et ce dans un esprit "club".» Une nouvelle souscription aura lieu dès la signature d’un premier compromis, mais pas d’emprunt à venir.
Antoine Darras n’en est pas à son coup d’essai. Il a déjà participé à la création de quatre GFF et d'une SAS. Pour le GFF Nord de Loire, l’idée est de détenir une dizaine de forêts, pour 15 millions d’euros investis à terme (10 ans) : «Cela permettra de mutualiser les coûts d’entretien. Côté charges, il faut compter un coût global de frais de gestion entre 0,3 et 0,5% du montant investi. Côté ressources, le GFF touche les fruits des ventes de bois noble pour l’ameublement ou la construction. Mais aussi de recettes issues des loyers de chasse réalisée par des associations locales pour la régulation du grand gibier 5 à 6 jours par an (pas de chasse commerciale). » Des aides pourront être également obtenues de l’Etat et d’entreprises (crédit carbone) pour reboiser ou refaire des chemins.
Innover dans les essences d’arbres
La particularité de ce duo d’associés est le goût pour les techniques novatrices, notamment pour mieux maîtriser les risques climatiques. Ils expérimentent actuellement la possibilité d’enrichir les forêts de hêtres ou d’érables avec de nouvelles essences plus thermophiles comme le cèdre ou le noisetier de Byzance. Au moment des replantations, quatre essences d’arbres seront prévues par parcelle, avec des couloirs de circulation dédiés aux engins d’entretien pour favoriser la biodiversité dans le reste de la forêt, il pourra y avoir aussi de la régénération naturelle. «Nous travaillons avec des scientifiques pour choisir les meilleures essences en fonction du sol et du climat à venir. Si nos arbres vont bien, c’est une manière d'amplifier le stockage de CO2 et ainsi réduire le réchauffement climatique» concluent Antoine Darras et Christophe Marteau.