Le directeur général de l'OMS Tedros Adhanom Ghebreyesus, se rendra samedi aux Canaries pour coordonner l'évacuation des passagers du paquebot touché par l'hantavirus, attendu le lendemain dans l'archipel espagnol, ont indiqué vendredi des sources au sein du ministère de l'Intérieur espagnol.
Il accompagnera les ministres espagnols de la Santé et de l'Intérieur à un poste de commandement situé à Ténérife "afin d'assurer la coordination entre les administrations, le contrôle sanitaire et la mise en œuvre des protocoles de surveillance et d'intervention prévus", ont précisé ces sources.
Mais le risque d'une propagation d'hantavirus pour la population mondiale est "absolument faible", a tenu à rassurer vendredi l'Organisation mondiale de la santé (OMS). "Il s'agit d'un virus dangereux, mais uniquement pour la personne réellement infectée. Le risque pour la population en général reste quant à lui extrêmement faible", a déclaré devant la presse à Genève un porte-parole de l'OMS, Christian Lindmeier.
Pas un nouveau Covid
Il a souligné que, dans certains cas, le voisin de cabine d'une personne contaminée ne l'a pas été. "Ce n'est pas du tout comme la rougeole, par exemple: si vous êtes ici dans la salle de presse et que quelqu'un à l'avant tousse, les premiers rangs ne seraient pas en danger. Un contact étroit signifie qu'il faut pratiquement être nez à nez (...) Ce n'est pas un nouveau Covid", a-t-il insisté.
Le MV Hondius, du croisiériste néerlandais Oceanwide Expeditions, est parti le 1er avril d'Ushuaïa, en Argentine. "La possibilité de contagion à Ushuaïa est pratiquement nulle", a affirmé vendredi Juan Petrina, un responsable sanitaire de la province de la Terre de feu, lors d'une conférence de presse.
Le bateau fait actuellement route vers l'île espagnole de Tenerife, aux Canaries, où il est attendu dimanche.
Le débarquement des passagers devra avoir lieu entre dimanche midi et lundi, "seule fenêtre" possible en raison de la météo, a souligné un responsable du gouvernement régional des Canaries.
Le navire fait l'objet d'une alerte sanitaire internationale depuis le week-end dernier, lorsque l'OMS a été informée de la mort de trois passagers dont la cause suspectée était l'hantavirus.
Ce virus se transmet généralement à partir de rongeurs infectés, le plus souvent par l'intermédiaire de leur urine, de leurs excréments et de leur salive. Mais des experts ont confirmé que la variante du virus détectée à bord du Hondius, l'hantavirus Andes, était une souche rare qui peut se transmettre d'homme à homme.
Un couple de passagers néerlandais et une Allemande sont morts et trois personnes ont été débarquées mercredi au Cap-Vert, tandis qu'un dernier bilan de l'OMS jeudi a dénombré au total cinq cas confirmés et trois cas suspects.
Toujours selon l'OMS, il n'y avait plus jeudi aucun cas suspect à bord parmi les 150 passagers, mais le délai d'incubation, qui peut aller jusqu'à six semaines, incite à la prudence.
Risque minime
En attendant un nouvel état des lieux de l'organisation, les autorités sanitaires de plusieurs pays s'efforcent de retrouver les cas contacts pour les isoler et procéder à des tests.
L'OMS a annoncé dans la matinée qu'une hôtesse de l'air de la compagnie néerlandaise KLM, qui avait été en contact avec la passagère néerlandaise ayant brièvement embarqué sur un vol Johannesburg-Amsterdam avant de décéder de l'infection à l'hantavirus, avait été testée négative.
Mais un peu plus tard, les autorités espagnoles ont annoncé qu'une femme ayant emprunté le même vol présentait des symptômes compatibles avec une infection à l'hantavirus et avait été hospitalisée dans la région de Valence (sud-est).
En Grande-Bretagne, l'Agence nationale de sécurité sanitaire (UKHSA) a annoncé qu'un ressortissant britannique avait été classé parmi les cas suspects d'hantavirus liés au foyer détecté sur le MV Hondius.
Selon un communiqué de l'Agence, cet homme se trouve à Tristan da Cunha, une île britannique isolée de l'Atlantique Sud, où le HV Hondius a fait escale fin avril.
Ce cas suspect s'ajoute à deux cas confirmés concernant des citoyens britanniques, a précisé l'agence. L'un est hospitalisé en Afrique du Sud et l'autre aux Pays-Bas.
Concernant les habitants de l'île britannique de Saint-Hélène, où 29 passagers du bateau avaient débarqué lors d'une escale le 24 avril, M. Lindmeier a estimé que "le risque est minime".
Des personnes redoutant d'avoir contracté le virus, ou dont l'infection est avérée, sont soignées ou ont été priées de se confiner dans plusieurs pays, dont le Royaume-Uni, la France, l'Allemagne, les Pays-Bas, la Suisse et l'Afrique du Sud.
Les Etats-Unis ont annoncé vendredi préparer une évacuation par avion des passagers américains du navire de croisière.