Dossier

Hauts-de-France : une qualité de l’air préoccupante

ATMO Hauts-de-France, l’observatoire de l’air régional, a dévoilé son bilan annuel 2025 de la qualité de l’air dans la région. Si cette dernière s’améliore, elle reste tout de même préoccupante, avec des épisodes de pollution en hausse. Un problème pour la santé des habitants des Hauts-de-France. 

© Adobe Stock.

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En 2025, les Hauts-de-France n’ont pas vu beaucoup de pluie, ni de vent, malgré des températures assez basses. Une bonne nouvelle pour les habitants, mais pas forcément pour la qualité de l’air. Résultat, la région a multiplié par cinq son nombre d’épisodes de pollution, passant de 3 à 15 entre 2024 et 2025. Ces épisodes - période où les niveaux de polluants dans l’air dépassent les seuils réglementaires - ont concerné en majorité le Nord (14 jours) et le Pas-de-Calais (10 jours), avec des particules fines, l’ozone ou encore le dioxyde d’azote. L’année 2024, avec ces trois épisodes de pollution, a été l’exception, tandis que l’année 2025 se rapproche davantage des précédentes années, comme 2022 et 2023.

La dégradation de la qualité de l’air est, entre autres, causée par l’utilisation accrue du chauffage au bois et à la forte utilisation des axes routiers, proches des grandes métropoles de la région, que sont Lille, l'agglomération de Lens, et Amiens. De plus, l’activité industrielle des Hauts-de-France, très importante, ajoute des polluants dans l’air, en plus de celle des pays voisins comme la Belgique et l’Allemagne. Selon les études d’ATMO Hauts-de-France, les principaux émetteurs de particules fines sont le résidentiel, l’agriculture et l’industrie. Pour le dioxyde d’azote, c’est les axes routiers, l’industrie et les transports (maritimes, routiers et aériens). Cette dégradation de l’air amène de nombreux risques pour la santé, dont l’apparition de maladie sur le long terme. L’exposition chronique à la pollution de l’air facilite le déclenchement de troubles neurologiques, de déficiences cardiovasculaires, de maladies respiratoires, de défaillances des reins ou encore de cancer.

Des changements européens

Pour faire face à ces risques qui ne cessent d’augmenter, l'Union européenne a annoncé de nouveaux seuils à respecter. Pour Jacques Patris, Président d’Atmo-Hauts-de-France, cette nouvelle réglementation est «un effort collectif nécessaire, car investir dans la qualité de l’air, c’est investir dans la santé». L’Union européenne a décidé, en 2024, de diviser les seuils par deux, avec une obligation de suivre ces seuils au maximum à partir de 2030. L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), souhaite aller encore plus loin, en divisant les seuils par 4 en moyenne, pour les particules fines et le dioxyde d’azote.

Car si l’on prend les nouveaux seuils imposés par l’Union européenne, la région Hauts-de-France, en 2025, voit des dépassements extrêmement importants, principalement dans les départements du Nord, du Pas-de-Calais et de la Somme. Néanmoins, une bonne nouvelle ressort. Les émissions de particules fines ont diminué de 47% entre 2012 et 2022, et celles du dioxyde d’azote de 36%. Un travail qui doit se poursuivre, avec notamment une sensibilisation des entreprises et des collectivités, portée par l’organisme ATMO.