Dans un contexte énergétique incertain, la région renforce son positionnement sur le gaz vert. Déjà, près de 7% de la consommation régionale de gaz est couverte par du biométhane. L’objectif est d’atteindre 25% d’ici 2030. Cette montée en puissance repose sur un modèle territorial, fondé sur la valorisation des déchets agricoles et organiques. La filière, longtemps émergente, entre désormais dans une phase de consolidation. Les installations se multiplient et témoignent d’un ancrage solide. Le gaz vert s’affirme ainsi comme un complément aux politiques d’électrification, en apportant une énergie renouvelable, stockable et produite localement. Au cœur de cette dynamique, la Saône-et-Loire, territoire agricole et industriel, s’illustre comme un terrain favorable au déploiement de la méthanisation, grâce à ses ressources et à son tissu d’acteurs locaux.
Un levier économique et énergétique à long terme
La progression du biométhane s’accompagne d’investissements et de retombées concrètes pour les territoires. D’ici 2030, le nombre de sites de méthanisation pourrait atteindre une soixantaine. La production devrait alors couvrir un quart des besoins en gaz de la région. Aujourd’hui, plusieurs dizaines d’unités sont déjà en service ou en projet. Chaque année, environ 150 000 tonnes de matières organiques sont transformées en énergie, soit l’équivalent de la consommation de plus de 130 000 logements. Cette production contribue également à réduire les émissions de CO₂ et la dépendance aux importations. Au-delà de l’enjeu énergétique, la filière soutient l’économie locale. Elle génère des revenus complémentaires pour les agriculteurs, crée des emplois et favorise une gestion durable des déchets. Avec un potentiel estimé à 7,5 TWh à l’horizon 2050, le gaz vert apparaît comme un pilier durable d’un mix énergétique diversifié.