Une enquête a été ouverte pour "tentative d'homicide sur personnes dépositaires de l'autorité publique" après le jet de cocktail Molotov sur des gendarmes à Paris lors des manifestations samedi, a indiqué dimanche le parquet de Paris sollicité par l'AFP.
Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, avait qualifié samedi de "tentative de meurtre" le jet d'un cocktail Molotov contre un gendarme mobile à Paris.
Des images spectaculaires, dont des photos et vidéos de l'AFP, ont montré une bombe artisanale exploser aux pieds d'un membre des forces de sécurité Porte de Charenton (12e arrondissement), le blessant légèrement.
"Des jets d'objets explosifs ont visé une quinzaine de gendarmes ainsi que des policiers", détaille le parquet. L'enquête a été confiée à la Sûreté territoriale de Paris.
Un "recensement des blessés est en cours", précise le ministère public. "Les blessures occasionnées seraient des brûlures au second degré et des acouphènes, mais cet état des lieux est à préciser". De "premières plaintes seront déposées ce jour, aucune n'est déposée à ce stade", ajoute encore le parquet.
Aucun mis en cause "n'a été interpellé à ce stade pour les faits en question" et les "investigations se poursuivent pour identifier les auteurs", conclut le parquet sur ce sujet.
Le gendarme touché par le cocktail Molotov a témoigné devant les chaînes d'information de la brûlure ressentie, de "la peau qui pique", de "la pluie" de projectiles divers jetés contre son unité par un groupe "déterminé".
Une autre vidéo a circulé sur les réseaux sociaux où l'on voit le gendarme appartenant aux forces d'unités mobiles, le capitaine Alexandre (il ne souhaite pas donner son nom), en action de maintien de l'ordre quand sa jambe se met à brûler après le jet du cocktail Molotov.
Alors que deux de ses collègues tentent d'éteindre le feu sur sa jambe, un homme, tee-shirt blanc et chapeau de paille, accourt vers le capitaine pour éteindre les flammes, avec ses mains non gantées. Peu après l'homme est repoussé violemment par un autre gendarme qui le plaque contre un mur et lui assène un coup de genou dans les jambes.
"Dans l'action et sous la tension, on a pensé que cet homme était venu nous agresser et mon camarade l'a écarté et lui a porté un coup technique. Ce manifestant ou street medic était venu aider. Je n'ai pas tout de suite compris ce qu'il venait faire là, j'étais complètement concentré sur une manœuvre difficile et en même temps, mon pantalon brûlait", raconte à l'AFP le capitaine Alexandre.
"Je suis vraiment reconnaissant de ce qu'il a fait, j'aurais aimé pouvoir le remercier", ajoute le gendarme mobile.
Par ailleurs, le parquet de Paris fait état dimanche de 105 interpellations, dont 88 liées aux manifestations de samedi et 17 pour la nuit d'Halloween.
Le ministère public, sollicité par l'AFP, dénombre 89 personnes en garde à vue à Paris, dont 61 majeurs et 22 mineurs. La date de naissance reste à déterminer pour six autres personnes.