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L'économie du son monte en puissance

Sonotones, télécoms, jeux vidéos... Portées par des évolutions sociétales, les activités- très diverses – liées au son se portent bien, d'après une étude Asterès publiée en vue de la Semaine du son de l’Unesco. Elles pèsent 43,2 milliards d'euros en 2024.

Photo d'illustration. ©DR.
Photo d'illustration. ©DR.

Plus 15 % en cinq ans. Le secteur du son se porte bien, d'après l'étude Asterès, publiée le 8 janvier en vue de la 23 ème Semaine du son de l’UNESCO qui se tiendra du 19 janvier au 1er février. L’événement vise à initier le public et à sensibiliser la société à l’importance de la qualité de notre environnement sonore.

Sur le plan économique, le son est un secteur porteur : au total, les activités qui s'y rapportent pèsent 43,2 milliards d’euros en 2024. Elles représentent 141 177 emplois équivalents temps plein, répartis dans des secteurs aussi variés que la culture, les télécommunications, l’ingénierie, l’industrie ou la santé. Dans le périmètre défini par le cabinet d'étude, les « industries du sonore » comprennent « la production de biens et de services marchands dédiés à l'émission, l'enregistrement et la diffusion sonore ». Au sein de ce vaste ensemble, le segment des télécoms se taille la part du lion, même s'il n'affiche pas le taux de croissance le plus dynamique : il représente 66 743 emplois et concentre près des deux tiers de l'activité totale (29,1 milliards d’euros). Taux de croissance : +10,3 % depuis 2019. Les télécoms regroupent l’ensemble des activités permettant la transmission, la diffusion et l’écoute des contenus sonores, qu’ils soient vocaux, musicaux ou audiovisuels. Sa croissance est portée par une pluralité de pratiques diffusées dans la population, parmi lesquelles les usages numériques toujours plus fréquents, la monté en puissance de la data, la généralisation des usages audio sur mobile et aussi, le maintien d’un volume élevé de communications vocales.

Se prémunir du bruit et retrouver le son

Quatre autres segments complètent cette économie du son. De taille beaucoup plus modeste, ils affichent des taux de croissance spectaculaires qui renseignent sur les évolutions des usages. Premier segment, la « création sonore » ne pèse que 2,6 milliards d’euros de chiffre d’affaires, mais affiche un taux de croissance de +58,7 % entre 2019 et 2024. Cet ensemble « historique » regroupe les activités dans lesquelles le son constitue le cœur du contenu produit et diffusé : radio, musique enregistrée et livres audio. Sa dynamique est principalement portée par la radio (+50 %), la musique enregistrée (+75 %) (sous l’effet du streaming) et l’essor exceptionnel des livres audio (+164 %). Deuxième segment, la « création sonore hybride » (3,9 milliards d’euros) regroupe les activités dans lesquelles le son est indissociable de l’image et du contenu audiovisuel (chaînes de télévision, films institutionnels, publicitaires et cinématographiques, spectacle vivant, jeux vidéo et vidéos...) . Sa croissance globale de + 6,2% masque l'essor impressionnant de certains sous-segments comme le spectacle vivant (+24,4 %) et surtout la vidéo (+80,7 %), portée par la dématérialisation des usages.

Troisième petit segment très dynamique, l'ingénierie et le conseil acoustique. Il regroupe les activités d’expertise, de conception et d’analyse visant à maîtriser et optimiser les phénomènes sonores dans les environnements bâtis, industriels et naturels. Il pèse 3,8 milliards d’euros, en croissance de +26,5 % en cinq ans. La demande est particulièrement forte dans les secteur industriels (+40 %), en raison des exigences réglementaires et des enjeux de bruit et de qualité de vie. Le quatrième segment aussi est très dynamique, avec une croissance de +34,3 % depuis 2019. Il s'agit de la filière médicale de l'audition et de l'audiologie (3,8 milliards d’euros d’activité). A elles seules, la fabrication et la vente de matériel d’audiologie enregistrent une progression de 60,9 %. Le sonore est devenu un véritable enjeu de santé publique.