Portrait

L’Édition Limitée à Abbeville, un salon de coiffure humaniste et engagé

Situé rue Saint-Vulfran dans la capitale de la baie de Somme, il a été créé il y a sept ans par Adeline Leprestre. Elle en a fait un salon de coiffure convivial et militant car il est possible de faire dons de ses cheveux pour des associations.

«Avoir mon salon de coiffure, c’était un rêve de gamine», raconte le visage encore émerveillé Adeline Leprestre, 30 ans. Dès l’âge de 3 ans, elle faisait des couettes à son grand-père : «Je coupais les cheveux de mes Barbies, raconte-t-elle en souriant. Vers 12-13 ans, j’ai commencé à le faire sur des personnes. Ma mère a toujours dit : «Toi tu seras coiffeuse». C’est une vraie vocation. J’adore le contact avec les cheveux. C’est la seule matière vivante du corps que l’on peut toucher, changer, sublimer  comme on veut». 

Spécialiste de la technique 

Après une formation à l’l'IREAM (Institut de recherche et d'enseignements appliqués aux métiers) d’Amiens, elle a été salariée sur Abbeville. C’est tout naturellement qu’elle a tenu à s’y installer : «J’aime la rue Saint-Vulfran, narre-t-elle. Abbeville, c’est une ville coup de cœur. Elle est belle et à taille humaine». 

Ce «vrai boute-en-train», comme elle se qualifie, adore le contact humain : «Enfants, femmes, hommes… un passage dans un salon de coiffure permet à chacun de prendre confiance en soi. Ils adorent nos massages du cuir chevelu et nos fauteuils massants», assure celle qui s’est spécialisée dans les coupes pour femmes, la couleur et le balayage : «La technique, c’est ma spécialité, précise-t-elle. Il y a de plus en plus de demandes. Les clientes aiment poster les résultats sur les réseaux sociaux. J’aime partager mon expérience. Je suis d’ailleurs formatrice technique pour des coiffeurs pour le groupe Cylea Formations». 

Aujourd’hui, le salon de coiffure L’Edition Limitée, à la décoration chaleureuse, compte 7 salariés dont trois apprentis (deux à l’IREAM à Amiens et une à l’antenne d’Abbeville de la chambre des métiers) : «Dans notre métier, il est essentiel de transmettre», pointe-t-elle. 

Tous les cheveux sont valorisés

Adeline Leprestre est aussi une coiffeuse au grand coeur. Depuis trois ans, toute l’année, si les dames se présentent au salon pour couper une grande longueur de cheveux (à partir de 10 cm), elle leur propose, s’ils sont en bonne santé, d’en faire don à l’association Fake hair don’t care, qui va ensuite réaliser des perruques de qualité et à moindre coût, afin d'aider les personnes atteintes de cancer. En 2023, 25 kilos ont été envoyés : «J’ai moi même été touchée par la maladie, confie-t-elle. Je suis en rémission. Une perruque cela coûte cher. Le combat contre le cancer pédiatrique est bouleversant. Il y a trop d’enfants qui décèdent… Avec des salariés, nous soutenons l’association Florentine4Ever lors de la manifestation solidaire la Florentine qui se déroule lors de septembre en or».

Elle a été fondée à Moyenneville par Bérénice et Nicolas Dubot suite au décès, en mai 2022, de leur fille Florentine, 13 ans. L’an dernier, 160 mèches de cheveux ont été offertes et 1 001 euros récoltés pour soutenir l’association. Certaines personnes jouent le jeu de pas de faire couper les cheveux durant un an afin d’offrir ce qui a poussé. 

Toutefois, par manque de main d’œuvre, l’envoi des dons est en stand by depuis plusieurs mois. Alors, elle stocke : «Je vais attendre encore un peu et voir si je ne peux pas collaborer avec une autre association mais il faudra que les dons fasse au minium 25 cm, informe-t-elle. En attendant, depuis quelques semaines, toutes les autres mèches coupées prennent la direction de la start up Capillum. Elles sont ensuite transformées en paillage naturel destiné aux professionnels du végétal, du maraîchage ou de la reforestation. Avant elles partaient à la poubelle. C’est un beau geste pour l’écologie».