Dossier

L’Ordre des experts-comptables Grand Est note une dégradation générale de l’économie régionale

L’Ordre des experts-comptables Grand Est vient de faire paraître son point de conjoncture pour le premier trimestre. Si un effet «rattrapage» a été enregistré en début d’année, un net ralentissement se fait ressentir et une dégradation générale s’opère, du fait du contexte actuel plus qu’instable.

© DR. Dans son dernier point conjoncturel, l’Ordre des experts-comptables Grand Est assure qu’une dégradation générale de l’économie régionale s’opère.

© DR. Dans son dernier point conjoncturel, l’Ordre des experts-comptables Grand Est assure qu’une dégradation générale de l’économie régionale s’opère.

Attentions aux apparences ! Dans son point de conjoncture pour le premier trimestre, l’Ordre des experts-comptables Grand Est pointe du doigt le fait que «si l’activité apparaît globalement stable en valeur sur un an, cette apparente résistance doit être nuancée. Elle ne tient pas compte de l’inflation (+1,7% en mars, +2,2% en avril : source Insee), qui continue d’éroder les volumes».

D’après ce baromètre (établi à partir des déclarations de TVA de plus de 49 000 établissements : NDLR), après un effet «rattrapage» opéré en début d’année, l’activité dans la région apparaît marquer un net ralentissement.

«La dynamique du trimestre traduit un infléchissement marqué. Après un mois de janvier dynamique, l’activité recule en février (-0,8%) puis plus nettement en mars (-2,5%), confirmant un essoufflement en fin de période. Ce retournement progressif alimente des tensions croissantes sur les trésoreries et renforce les inquiétudes des dirigeants quant aux mois à venir, d’autant plus dans un contexte international délétère», a assuré Catherine Hanssen, la présidente de l’Ordre des experts-comptables Grand Est en début de semaine à l’occasion de la présentation à Strasbourg, avec l’ensemble des organisations professionnelles de la région à l’initiative de la CCI Grand Est de cinq mesures fortes d’urgence à mettre en œuvre par l’État pour soutenir le tissu économique régional.

Fondamentaux fragilisés

Dès le premier trimestre 2026, plusieurs secteurs passent sous leur niveau d’activité de 2025, avec des indices de chiffre d’affaires en recul : industries extractives (ICA 90,4), agriculture, sylviculture et pêche (94,2), dont la viticulture (88,5), restauration traditionnelle (93,3), hébergement-restauration (96,3), commerce de détail d’habillement (91,9), commerce de détail de meubles (92,9), et de chaussures (92,3), travaux d’installation d’équipements thermiques et de climatisation (95,4), ainsi que les activités d’architecture (92,9).

À l’inverse, certains secteurs demeurent bien orientés : commerce de voitures et de véhicules automobiles légers (106,3), activités immobilières (106,6), construction de maisons individuelles (104,7), commerce de détail de boissons en magasin spécialisé (109,7), horlogerie-bijouterie (116,9), dans un contexte cependant de hausse des prix des matières premières liée aux tensions géopolitiques avec l’Iran.

«L’économie régionale résiste en apparence mais elle voit aujourd’hui ses fondamentaux se fragiliser».

L’urgence apparaît plus que de mise…