La Maison de la culture d’Amiens accueille un nouveau directeur
Romaric Daurier a pris la direction de la Maison de la culture au 1er janvier 2026. Fervent défenseur d’une culture accessible, il entend poursuivre le travail partenarial déjà engagé tout en installant des temps forts tournés notamment vers l’environnement et la jeunesse.
Directeur du Phénix à Valenciennes depuis 2009, Romaric Daurier a officiellement pris la direction de la Maison de la Culture d’Amiens (MCA) le 1er janvier. Ce 12 janvier, il a participé à une table ronde avec ses prédécesseurs. L'occasion d'expliquer ses ambitions. «C’est un rêve de longue date : la Maison de la culture d’Amiens, c’est un peu la maison-mère d’une certaine idée de la culture», assure celui qui est très attaché au principe de la décentralisation. «Il n’y a pas que le spectacle vivant, il y a aussi les arts visuels, le cinéma… C’est presque une réflexion d’ordre anthropologique sur ce que peut être la culture pour les hommes et les femmes d’un territoire. Ce qui est vraiment intéressant ici, c’est cette pluridisciplinarité», poursuit-il.
Avec 3 000 abonnés, des spectacles qui affichent très rapidement complet et une saison marquée par la célébration des 60 ans de la MCA, Romaric Daurier reprend une institution «qui se porte bien» et pour laquelle il a construit un projet sur mesure. «J’ai associé dix artistes, dont neuf issus de la région, à ma réflexion. Ils seront liés à la maison pour les cinq prochaines années. C’est une réelle chance de poursuivre le travail avec cette génération si talentueuse sur un nouveau territoire», s’enthousiasme-t-il. Parmi eux, figurent le chorégraphe Boris Charmatz, le metteur en scène Julien Gosselin, l’autrice Rebecca Chaillon, la Compagnie XY ou encore la chorégraphe Tatiana Julien. Tous seront encouragés à travailler sur des projets avec les habitants ou avec d’autres structures locales. Une présence forte qui veut faire d’Amiens une ville tournée vers la création.
Une saison inédite ponctuée de temps forts
"Le pari que nous faisons avec l’équipe, c’est de nous retrouver ensemble, entre vivants. Je pense que c’est quelque chose d’absolument essentiel pour les années à venir. La question est donc : comment réactiver cet idéal de Malraux à une époque où le vivant – la nature, le rapport aux autres, la notion de collectif… – est de plus en plus menacé ?», interroge-t-il. Pour «redonner du sens au vivant», Romaric Daurier mise sur la capacité de la maison à inventer des modes de partage et de transmission. «L’éducation participe pleinement à cette ambition. C’est pour cela que le projet comporte un axe très fort en matière d’éducation artistique et culturelle», souligne le directeur. Environ un tiers des propositions seront ainsi estampillées «jeune public», «tout public» ou «à voir en famille».
Construite autour d’une soixantaine de spectacles, la saison 2026-2027 sera à la fois inédite, généreuse et très ouverte sur l’international, avec des artistes venus de Taïwan, de Cuba, d’Australie ou du Brésil. «Nous aurons un premier temps fort en septembre avec l’édition zéro du festival Flower Power, consacré à la nature et à l’écologie. En décembre, un autre moment sera dédié au jeune public et, en avril, une invitation à dialoguer avec une scène étrangère», détaille-t-il.
Conforter les partenariats
Autre mission de Romaric Daurier : poursuivre le travail engagé par son prédécesseur en matière d’ouverture de la maison, en renforçant les partenariats existants – avec le Frac ou On a marché sur la bulle, par exemple . Il souhaite également, en parallèle, en créer d'autres. «L’enjeu est de trouver des complicités, des circulations. Il est très important, à mon sens, de poursuivre ce travail vers l’extérieur» assure-t-il. Cette ouverture passe également par une réflexion sur l’utilisation de l’immense hall de la maison. «Nous souhaitons qu’il devienne un véritable lieu d’accueil, aux usages multiples, afin de favoriser les rencontres et la convivialité», note Romaric Daurier, qui échange actuellement avec les élus de la Métropole pour établir un programme de travaux de réfection et de modernisation.
Le Feminist Futures Festival revient pour une dernière édition

Du 29 janvier au 7 février, se déroulera la dernière édition «sous cette forme» du Feminist Futures Festival (FFF). Interrogeant «toutes les formes de féminismes», l’évènement débutera avec les Amazones d’Afrique, un collectif de musiciennes et d’activistes pour s’achever par un hommage à Joséphine Baker proposé par l’Orchestre de Picardie. Il accueillera de formats classiques comme «Les Forces Vives» qui retrace la vie et les combats de Simone de Beauvoir, ou des propositions plus «sensorielles» comme L’Océan d’Aliénor Dauchez. Si FFF est porté par la MCA, certains spectacles – Mad in Finland, 7 minutes ou Nage Libre- se dérouleront sur des scènes partenaires comme la Comédie de Picardie, le Cirque Jules Verne ou le centre Jacques Tati. Le festival proposera également, chaque midi, une séance au cinéma. Cette année, un «pass» illimité au prix de 35 euros – 20 euros en tarif réduit- permettra d’accéder à l’ensemble des évènements (sous réserve de places disponibles).