Organisé par les Chambres d'agriculture France et le réseau Haies France, le concours général agricole – pratiques agroécologiques distingue chaque année «les agriculteurs et agricultrices démontrant qu'il est possible de concilier performance agricole et enjeux environnementaux». Évoluant dans cette dynamique, Benoît et Diane Maquigny, basés à Woignarue en baie de Somme, ont été sélectionnés par un jury d'experts locaux en tant que finaliste 2026 pour le territoire Plaine Maritime Picarde, catégorie Prairies naturelles & parcours et sous-catégorie Fauche exclusive, section Plaine et Piémont.
Le jury a évalué une parcelle de 3,7 hectares exploitée depuis 35 ans, où les prairies permanentes sont fauchées tardivement, après le 30 juin, sans utilisation de produits phytosanitaires ni de fertilisation. La gestion de cette parcelle est adaptée aux conditions climatiques et pédologiques locales. Le finaliste Benoît Maquigny témoigne : «Je me suis engagé dans ce concours sous l’impulsion de ma fille Diane, qui porte un projet de plantation de haies sur la ferme. Elle souhaite à la fois retrouver des éléments du paysage local, protéger nos sols de l’érosion, favoriser le gibier, la faune et la flore. Ce projet s’inscrit dans la durée, avec une valorisation future sur la ferme, tant pour la production de bois que pour le bien-être de nos animaux».
La démarche agroécologique
À Woignarue, Benoît et Diane Maquigny gèrent la SCEA de Beaumer, une exploitation familiale de polyculture-élevage installée depuis quatre générations dans le sud de la Baie de Somme. L’exploitation s’étend sur 195 hectares, comprenant 130 hectares de céréales (blé, maïs, lin), 32 hectares de cultures industrielles (betteraves, pois de conserve) et 29 hectares de prairies (dont luzerne), ainsi que 50 vaches laitières et à viande. Cette diversité des productions permet de maintenir un équilibre agroécologique, de valoriser les ressources locales et de préserver la fertilité des sols.
L’exploitation s’engage en effet aujourd’hui dans une démarche agroécologique tournée vers l’avenir, avec un projet agroforestier comprenant la plantation de linéaires de haies et d’arbres autour et à l’intérieur des parcelles ayant la capacité de concilier biodiversité, production de bois et fertilité du sol. Ces haies participeront également à la création de corridors écologiques pour le petit et grand gibier et à la prévention de l’érosion. En parallèle, la ferme prévoit de développer une prairie médicinale et d’expérimenter le pâturage tournant dynamique dans le marais situé à l’arrière de l’exploitation, tout en valorisant la biomasse issue des haies en plaquettes bois-énergie.
Les lauréats nationaux seront distingués le 25 février au Salon international de l'agriculture. Henry Frémont, le président du comité d'orientation du concours général agricole – pratiques agroécologiques, rappelle que «les finalistes récompensés montrent combien la prairie est un pilier de l’agroécologie. Grâce à des pratiques adaptées telles que le pâturage prioritaire, la fauche prioritaire, la fauche exclusive ou le pâturage exclusif, ils parviennent à maintenir l’élevage, produire un fourrage de qualité, favoriser le bien-être animal et renforcer l’autonomie de leurs exploitations».