Portrait

La Société Bourguignonne des Cires labellisée Entreprise du Patrimoine Vivant

La Société Bourguignonne des Cires et Dérivés 1827, implantée à Châtenoy-le-Royal, vient d’obtenir le label EPV. Depuis près de 200 ans, cette PME familiale fabrique des cierges liturgiques et décoratifs en combinant savoir-faire traditionnel et innovation.

Les 11 salariés de la Société bourguignonne des cires s’emploient à perpétuer un savoir-faire peu répandu et salué du label d’Entreprise du Patrimoine Vivant. © Société Bourguignonne des Cires et Dérivés 1827.

Les 11 salariés de la Société bourguignonne des cires s’emploient à perpétuer un savoir-faire peu répandu et salué du label d’Entreprise du Patrimoine Vivant. © Société Bourguignonne des Cires et Dérivés 1827.

«Ce label récompense le travail d’une entreprise enracinée dans son territoire et son marché», se réjouit Laurent Labadie, dirigeant de la Société Bourguignonne des Cires et Dérivés 1827, à l’occasion de la labellisation «Entreprise du Patrimoine Vivant». Fondée en 1827 à Chalon-sur-Saône, la société s’est installée à Châtenoy-le-Royal pour développer son activité industrielle. 

Près de 200 ans plus tard, cette PME de 11 salariés s’est imposée comme un acteur reconnu dans la fabrication de cierges pour le secteur liturgique. Elle fournit des églises et cathédrales dans tous les diocèses de France, représentant 75 % de son chiffre d’affaires, qui s’élève à 2,5 millions d’euros. «On constate de plus en plus d’entrées dans la vie catholique par le baptême. Qu’il s’agisse d’un usage cultuel ou culturel, les cierges continuent d’être allumés», ajoute Laurent Labadie.

Des techniques particulières

Alors que seules quatre entreprises fabriquent encore des cierges en France, la PME de Saône-et-Loire a conservé trois méthodes de production distinctes. Le trempage consiste à plonger des mèches en coton mouliné non traité pour fabriquer la gamme liturgique. «Le choix de nos matières premières relève d’une responsabilité environnementale. Nous régulons ainsi les émissions de carbone», précise Laurent Labadie.

La compression utilise les mêmes matières minérales maintenues à l’état liquide avant de subir un choc thermique, passant de 60 à 5 °C. «La matière se fige en microbilles qui peuvent être compactées, moulées et placées dans un contenant recyclable en polymère», explique le dirigeant. Enfin, le remplissage est réservé aux bougies décoratives et parfumées, un marché dans lequel l’entreprise s’est développée, notamment pendant la crise sanitaire. «Nous produisons en marque blanche pour des acteurs du luxe, comme Relais & Château», ajoute-t-il. La société fabrique également des mèches destinées à d’autres fabricants de bougies, élargissant ainsi son activité.

Un label pour faire connaitre

Un savoir-faire reconnu qui a valu à l’entreprise le label Entreprise du Patrimoine Vivant, obtenu en octobre 2025 après trois ans de démarche. «C’est une façon de faire rayonner notre expertise. Ce label, qui a une portée nationale, rend notre engagement pertinent et soutient notre activité», souligne Laurent Labadie.

Le dirigeant met en avant des valeurs fortes : authenticité, exigence du produit et attachement au travail bien fait. Dans un métier où aucune formation spécifique n’existe, il insiste sur la transmission entre générations pour préserver ce «métier méconnu», que le préfet de Saône-et-Loire, Dominique Dufour, découvrira le 9 avril prochain. 

Pour Aletheia Press, Nadège Hubert