En bref

La vague de chaleur régresse, des questions sur la préparation aux prochaines

La vague de chaleur d'une précocité inédite qui a frappé la France devrait toucher à sa fin durant le week-end, laissant sur son passage des préoccupations quant au niveau de préparation du pays aux prochaines...
Vagues de chaleurs recensées en France et indicateur thermique national quotidien (au-dessus de 23,4°C), selon les données de Météo-France depuis 1947 © Valentina BRESCHI

Vagues de chaleurs recensées en France et indicateur thermique national quotidien (au-dessus de 23,4°C), selon les données de Météo-France depuis 1947 © Valentina BRESCHI

La vague de chaleur d'une précocité inédite qui a frappé la France devrait toucher à sa fin durant le week-end, laissant sur son passage des préoccupations quant au niveau de préparation du pays aux prochaines canicules, à trois semaines du début de l'été.

La vigilance orange à la canicule ne concerne samedi plus que Paris, les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne, où jusqu'à 35°C sont attendus. Puis, dans la nuit de samedi à dimanche, "l'arrivée d'une masse d'air un peu moins chaude associée à un vent modéré va permettre le retour à une vigilance de couleur jaune", précise Météo-France dans son dernier bulletin.

La nuit de vendredi à samedi a été très chaude encore. Selon des données provisoires de Météo-France, la minimale à Paris n'avait jamais été aussi élevée en mai, avec 21,7°C, soit un degré de plus que le précédent record, datant de 2017. D'autres records mensuels de minimales ont été établis entre autres à La Rochelle (21,2°C), Bergerac (19,1°C) ou Saint-Quentin (18,3°C).

L'ouest du pays est repassé en vigilance jaune, niveau qui concerne 24 départements à l'échelle nationale samedi matin. La carte nationale doit retrouver sa couleur verte dimanche après 06H00.

"Les plus fortes chaleurs se décalent sur l'est du pays, qui était très relativement épargné par ce phénomène", relevait Nemo Pawlowski, prévisionniste à Météo-France, au cours d'une conférence de presse vendredi.

En parallèle, "on voit déjà les températures plus fraîches arriver depuis l'océan Atlantique", ajoutait-il.

Orages

Une quarantaine de départements vont connaître samedi une vigilance jaune aux orages de plus ou moins courte durée, contre 24 en vigilance jaune la veille, principalement sur la partie nord du pays, dont l'Île-de-France, ainsi que sur une partie du sud-est du pays.

Sous l'effet d'un "dôme de chaleur" qui bloque l'air chaud venu d'Afrique du Nord, l'Europe de l'ouest a subi une vague de chaud inédite pour un mois de mai. Des températures record ont été enregistrées dans plus de la moitié du pays, selon Météo-France, qui a qualifié ce phénomène de "colossal".

Le record de chaleur pour mai en France a été battu jeudi, avec 37,8°C en Charente.

Comme lors de chaque épisode de chaleur, la question de l'impréparation du pays au réchauffement climatique s'est posée toute la semaine.

Ce d'autant qu'il est "fort probable" que la France expérimente de nouvelles vagues de chaleur cet été, a affirmé jeudi Matthieu Sorel, climatologue à Météo-France, même si cette vague "ne présage en rien de la suite de l'été".

La France a présenté en mars 2025 son plan national d'adaptation au changement climatique doté d'une cinquantaine de mesures: fonds d'indemnisation pour les catastrophes, protection des travailleurs en cas de fortes chaleurs, travaux sur les transports, l'agriculture... Le gouvernement a annoncé en février avoir enclenché 80% des mesures. 

Pas à la hauteur

"Le plan n'est pas encore à la hauteur des enjeux", affirme toutefois auprès de l'AFP Vincent Viguié, économiste spécialisé dans le climat et l'environnement au Centre international de recherche sur l'environnement et le développement (CIRED), selon qui "c'est un plan qui pose beaucoup de diagnostics mais il y a très peu de mesures, notamment de mesures budgétées".

Le gouvernement a défendu son action, après une réunion jeudi lors de laquelle le Premier ministre Sébastien Lecornu a fait passer le message, selon des participants, que ce n'était pas à l'Etat de tout gérer. Le bâti scolaire, par exemple, relève des collectivités.

Le ministre délégué à la Transition énergétique Mathieu Lefèvre a lui estimé, lors d'une visite d'un internat rénové à Aix-en-Provence, qu'il fallait "aussi poursuivre notre adaptation aux changements climatiques" au-delà des situations d'urgence, rappelant qu'un "effort extrêmement important" avait déjà été fait.

Il est encore difficile d'évaluer les conséquences de cette vague, notamment les effets spécifiques de sa précocité sur un secteur comme l'agriculture, ou d'avoir une évaluation sur les pertes économiques engendrées.

Mais les difficulté d'adaptation se sont traduites cette semaine par des annulations de trains Intercités, par crainte de pannes de climatisation, ainsi que par la mise à l'arrêt de six lignes de tramway à Bordeaux vendredi matin en raison d'une coupure de courant.