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La Vannerie du Boisle a habillé le cercueil de Brigitte Bardot

Lancé il y a un an, le «bohemian» a trouvé une visibilité autant inattendue que méritée. Elle va permettre à la société de dix salariés, dont quatre en CAP, de trouver de nouveaux débouchés.

Minna Holleville, des pompes funèbres de la liberté à Abbeville, et Xavier Quointeau.
Minna Holleville, des pompes funèbres de la liberté à Abbeville, et Xavier Quointeau.

«C’est une fierté notre petite entreprise de dix salariés», Xavier Quointeau, le dirigeant de la vannerie du Boisle ne cache pas son émotion. Mercredi 7 janvier dernier, comme le monde entier, il a découvert, en regardant les obsèques de Brigitte Bardot, que le cercueil dans lequel reposait l’icône de Saint-Tropez, avait été en partie réalisé dans ses ateliers.

Né d’un partenariat

Baptisé le «bohemian», il est fabriqué dans les Hauts-de-France. La structure en pin est réalisée par l’entreprise Funico, dont le siège social se trouve à Carvin dans le Nord. Le tressage à la main de l’osier en partie local et 100% français, qui réclame 15 heures de travail, est mené au Boisle. Ce projet a muri avant la pandémie : «Des clients étaient venus me voir pour me demander si nous fabriquions des cercueils en osier, raconte t-il. La réglementation interdit leur utilisation en France. De ce fait, je me suis rapproché d’un fabriquant de cercueils classiques. J’ai mené ce projet en partenariat avec les Pompes funèbres de la liberté à Abbeville».

Le projet est devenu réalité il y a un an. Depuis, une soixantaine de cercueils ont été commercialisés. En octobre dernier, la famille de Patrice de Colmont, un proche de Brigitte Bardot engagé dans la protection de l’environnement, avait fait ce choix. Fin 2025, la vannerie a participé à un salon du funéraire qui s’est déroulé en fin d’année à Paris et qui a boosté les ventes.

Avec ce coup de projecteur inattendu, les prochains mois s’annoncent fastes pour l’entreprise qui vient de créer à la rentrée dernière un certificat d'aptitude professionnelle vannier en alternance. Il s'étend sur deux ans, en partenariat avec le centre de formation des apprentis Jean-Bosco de Sainghin-en-Mélantois dans le Nord. Il compte quatre apprentis. Il est également possible de faire des stages dans la «vannerie académie».

Diversifier l’activité

La vannerie du Boisle propose une large gamme de produits, comme des meubles, des objets de décoration ou des paniers à bois commercialisés dans le magasin jouxtant les ateliers ou sur internet. Le savoir-faire de ses salariés permet également de proposer à la clientèle des fabrications sur mesure et la réparation d’objets anciens en vannerie, rotin ou paillage.

La vannerie est réputée pour son savoir-faire.

La vannerie est par ailleurs reconnue sous la marque Candas en tant que spécialiste de la conception et de la fabrication de présentoirs pour tous les professionnels des métiers de bouche et la gamme professionnelle particulièrement adaptée à la mise en valeur des pains, de la viennoiserie et des sandwichs, que ce soit en boulangerie artisanale, en points chauds ou en GMS. Les paniers sont également très utiles pour la présentation des fruits, des légumes et des produits traiteurs.

L’équipe innove en permanence. Ces dernières années, elle a travaillé sur l’association de l’osier et du métal pour créer des présentoirs esthétiques et robustes : la gamme «Rouille et or». Elle a également élargi la gamme de panetières murales qui comporte des étagères classiques ou contemporaines, associées à l’emploi de présentoirs en osier et/ou en métal : «Les professionnels représentent entre 70 et 75% de notre chiffre d’affaires, poursuit Xavier Quointeau, dont le téléphone n’arrête plus de sonner. C’est un chiffre stable depuis plusieurs années. Nous cherchions à dynamiser notre activité grâce à un autre secteur. Le «bohemia» correspond à des valeurs écologiques qui se développent de plus en plus. Il est 100% naturel et biodégradable».