Le bilan 2025 récemment présenté par France Assureurs (la fédération française des sociétés d’assurance) est globalement positif en dépit de la hausse du coût des sinistres. Les résultats des différentes branches du secteur font néanmoins apparaître des dynamiques très variables, pour l’assurance de personnes (l’assurance vie), comme pour l’assurance de biens et responsabilités (l’assurance non-vie). Mais la solidité des assureurs français se traduit par des ratios de solvabilité qui ont atteint 282% (+23 points) en non-vie et 231% (+6 points) en assurance vie et mixte. « Nous sommes très largement au-dessus des exigences réglementaires », a déclaré la présidente de France Assureurs, Florence Lustman, lors d’une conférence de presse
L’assurance vie en pleine forme, malgré l’inflation des prestations en santé
En 2025, le solde de l’assurance vie (risques liés à la maladie, aux accidents corporels, à la dépendance, l’incapacité, l’invalidité, le décès ou la retraite) a été globalement positif, avec des tendances divergentes selon les branches.
L’an passé, les Français ont massivement épargné dans l’assurance vie traditionnelle et la retraite complémentaire. Et les PER assurantiels ont confirmé leur succès. Pour favoriser cette dynamique, France assureurs entend porter deux propositions auprès des pouvoirs publics : instaurer la mise en place d’un PER dans toutes les entreprises de plus de dix salariés, sans obligations de versement, et rendre obligatoire la liquidation en rente de la participation et de l’intéressement.
De son côté, la branche santé-prévoyance est toujours sous tensions du fait de l’évolution structurelle défavorable : en trois ans, les prestations en santé et prévoyance ont progressé de 30% et les cotisations de 24%. Pour lutter contre cette dérive, « la mise sous pilotage des dépenses de santé est le sujet central », a relevé la présidente de France Assureurs, qui compte sur les dispositions du projet de loi visant à lutter contre les fraudes (en cours d’examen) et propose de mieux rembourser les assurés qui acceptent de suivre « des parcours de prévention ». En prévoyance, ce sont les arrêts maladie de longue durée qui préoccupent les assureurs, lesquels se mobilisent « en proposant des solutions d’accompagnement au retour à l’emploi après un arrêt long ».
L’assurance de biens restée solide, malgré la facture climatique
En 2025, le résultat des assurances dommages (indemnisation des sinistres ayant causé des pertes matérielles ou immatérielles, et des dommages corporels, matériels et immatériels causés aux tiers) a enregistré une progression de 7%, grâce notamment à la surprime du régime Cat Nat (catastrophes naturelles), entrée en vigueur le 1er janvier 2025. Et, là encore, cette amélioration globale masque des résultats variables selon les branches.
Bien que la France n’ait pas connu de catastrophe naturelle majeure en 2025, la sinistralité liée aux événements naturels est restée à un niveau élevé, avec une facture de 5,2 milliards d’euros pour les assureurs. En cause : les épisodes de grêle (couverts par les contrats dommages) et de sécheresse, (pris en charge par le régime Cat Nat) et le cyclone Garance à La Réunion. « Les catastrophes climatiques, ce n'est pas le risque de demain, c'est la réalité d'aujourd'hui », a relevé la présidente de France Assureurs.
Côté assurance habitation, la fréquence des sinistres incendie recule de façon tendancielle depuis le début des années 2010, alors que les dégâts des eaux se multiplient. En assurances auto, le nombre des sinistres matériels a légèrement baissé, mais leur coût moyen a augmenté en raison de la hausse du prix des pièces et de la peinture et du coût de la main d’œuvre. La lutte contre l’inflation des coûts de réparation constitue une des priorités de France Assureurs.
La sinistralité des assurances professionnelles et des entreprises est restée à un niveau élevé en 2025, supérieur de 25% à la moyenne des dix dernières années. Pour la profession, c’est l’année le plus coûteuse des douze dernières années hors évènements urbains (émeutes, manifestations…). Le coût de l’incendie d’une usine de retraitement de déchets en avril 2025, à Paris, est ainsi estimé à plus de 50 millions d’euros. Les assureurs se mobilisent pour renforcer la prévention dans les entreprises en matière d’incendies, et notamment ceux liés aux batteries lithium-ion.
L’assurance, un secteur où l’emploi progresse
Selon les données de France Assureurs, qui rassemble 254 entreprises d’assurance et de réassurance, 300 000 salariés et intermédiaires indépendants travaillent dans le secteur de l’assurance en France et l’emploi continue d’y progresser : +10% depuis 2019, +0,6% en 2025 (par rapport à 2024). 55% des salariés gagnent plus de deux fois le Smic (contre un tiers pour l’ensemble du secteur privé).