En bref
Edito

Sur un fil

Compte tenu des incertitudes politiques, à commencer par les tarifs douaniers imposés par les États-Unis, l’économie française terminait l’année 2025 sur une croissance positive presque inespérée. Une croissance à + 0,9% mais positive quand même.

© D.R.

© D.R.

De fait, en ce début d’année 2026, les enquêtes de conjoncture montraient jusqu’en février «un relatif optimisme des industriels, augurant d’un premier trimestre encourageant», rapporte l’Insee. Mais voilà que dans la nuit du 28 février, les États-Unis lançaient l’opération Epic Fury contre l’Iran, la Fureur épique, conjointement au Roaring Lion, le Lion rugissant d’Israël. Conséquence directe : la flambée des cours des hydrocarbures devrait se traduire en France, comme ailleurs dans le monde, par un net regain d’inflation. «Il franchirait les 2% au cours du printemps», précise encore l’Insee.

Bien que fragilisée, la croissance française pourrait résister au premier semestre, avec une légère hausse estimée à + 0,2% par trimestre et + 0,9% acquis en milieu d’année. En revanche, le marché du travail ne suit pas cette ligne. Avant même le déclenchement de la guerre au Moyen- Orient, les entreprises affichaient leur indétermination sur les embauches. 60 000 postes salariés privés perdus en 2025, 22 000 autres en moins sont annoncés d’ici juin.

Sur le plan régional, l’Urssaf Picardie confirme le nouveau recul des effectifs salariés au quatrième trimestre 2025, à – 0,3%. Cela représente certes une perte de 1 400 postes qui semblerait négligeable sur un total de 431 100 salariés privés, mais la tendance est tout de même à la baisse. La situation diverge cependant selon les départements. Sur le dernier trimestre 2025 en Picardie, l’Aisne et l’Oise enregistrent en effet une baisse de l’emploi salarié, de – 0,6% tous les deux, soit 580 et 1 150 postes, quand la Somme gagne 330 emplois (+ 0,2%).

Les inégalités salariales sur le bon fil

Parallèlement, l’Urssaf Picardie a voulu mettre en lumière l’activité des femmes dans ce tissu économique régional. Il apparaît que l’égalité parfaite n’est pas encore de mise dans le travail. 39,3% des travailleurs indépendants sont des femmes (38,5% en France). La part des femmes parmi les auto-entrepreneurs est plus importante et atteint 44,9% (45,8 % en France). «Les femmes sont également bien représentées dans la création d’entreprise, ajoute l’Urssaf Picardie. Elles représentent 41,3% des créateurs d’entreprise en 2024». Sur le plan salarial, elles déclarent un revenu annuel moyen de 42 169 €, contre 54 266 € pour les hommes.

L’Urssaf Picardie constate que ces écarts de revenus sont toujours existants entre les femmes et les hommes. L’organisme l’explique en partie par la nature des activités exercées : «Les femmes sont en effet sur-représentées dans certains secteurs d’activité moins rémunérateurs». Par ailleurs, dans les entreprises privées, les femmes qui représentent 43,3% des effectifs en 2025, ont une rémunération brute moyenne de 2 217 euros, soit 22,2% de moins que celle des hommes. Autre éclaircissement : «L’écart de rémunération brute se réduit après le recalcul des rémunérations brutes en équivalent temps plein, la durée du travail expliquant un peu plus d’un tiers de cet écart». Le salaire moyen brut mensuel en équivalent temps plein est alors de 2 831 euros pour les femmes contre 3 266 euros pour les hommes.

S’il y a une courbe qui va dans le bon sens, il s’agit bien de cet écart de salaires qui a diminué de 8,1% entre 1995 et 2024, pour atteindre une différence de 14%. La différence diminue même à 3,6% à emploi comparable. Les inégalités de salaires se réduisent mais tout n’est pas encore acquis.