Le CRPL (Communication et Relations publiques en Lorraine) fête cette année ses 60 ans. Le métier a-t-il réellement changé ?
Sophie Mayeux : Les fondamentaux demeurent les mêmes, ce sont les pratiques, les outils et surtout ce que nous en faisons qui ont évolué. Le métier de communicant et celui des relations publiques a toujours été bouleversé par des avancées sociétales et des évolutions technologiques mais il a toujours su s’adapter. Dans cette adaptation continue, il est toujours important d’avoir conscience de l’importance des fondamentaux et de les rappeler notamment aux jeunes générations qui se préparent à entrer dans le métier. La profession de communicant est régie par un code de déontologie où le respect de l’éthique est primordial. La transparence demeure au cœur de nos pratiques où l’honnêteté et l’authenticité des messages divulgués prend toute son importance. Le respect de cette éthique est un point de convergence des valeurs que nous partageons au sein du CRPL car la communication est au cœur de tous les événements et de toutes les crises.
Quelle est la typologie de vos membres ?
Nous regroupons aujourd’hui environ 120 structures sur l’ensemble de la région Grand Est aussi bien des PME, des grands groupes, des institutions ou encore des agences. Ce qui fait de nous, le premier réseau régional des professionnels de la communication. Nos membres occupent prioritairement des fonctions de Dir’Com, de responsables de communication en entreprise ou en agence, des spécialistes des relations presse, de la communication interne comme externe, du multimédia ou encore de l’événementiel. Nos métiers ont besoin d’être portés pour réaffirmer leur rôle stratégique. Cela a entraîné le CRPL à évoluer depuis sa création en 1966. À l’époque, CRPL signifiait Centre de relations publiques de Lorraine. On ne parlait pas encore de communication mais uniquement de relations publiques. Devenir responsable des relations publiques dans une entreprise était un peu l’aboutissement d’une carrière et la profession était quasiment détenue que par des hommes. Ce n’est qu’à la fin des années 80 et au début des années 90 que l’on a commencé à parler de communication ou encore de relations presse. La profession s’est également peu à peu féminisée. Cela était l’époque où les filières de formations ont été réellement identifiées à l’image du Celsa de l’Université de la Sorbonne qui est un peu le HEC de la communication. Dans la région, à Nancy vous avez l’IUT Charlemagne. Nous entretenons d’ailleurs des liens constants avec l’Université de Lorraine pour permettre d’adapter les formations aux évolutions de nos métiers.
L’univers de la communication, à l’instar de bon nombre de secteurs, est aujourd’hui bouleversé par la vague de l’IA. Est-ce une révolution ou une simple évolution ?
L’IA doit demeurer un outil qui peut assister mais en aucun cas qui ne doit faire à la place ! C’est là que l’on revient sur l’importance des fondamentaux. La communication ne se résume pas à de simples supports, que l’IA peut facilement créer, c’est véritablement un outil stratégique pour les organisations et les entreprises. L’IA conforte et d’un certain côté révèle réellement l’importance de la fonction communication. Aujourd’hui, il est indispensable de communiquer sur les réseaux sociaux mais il ne faut pas pour autant oublier l’importance de la communication écrite. Déjà avec l’arrivée d’Internet, des bouleversements sont apparus et cela a profondément changé le métier car la vitesse de diffusion des messages et des informations a pris une tout autre échelle. Le communicant a toujours été un couteau suisse pour maîtriser ses différentes évolutions et outils. Il est indispensable de suivre, et comprendre, ces nouvelles tendances en communication et surtout s’y former.
La fonction communication est stratégique
Dans ces évolutions, les influenceurs ont pris une part, de plus en plus importante, dans votre sphère d’activité. Comment les appréhendez-vous ?
C’est l’un des sujets où les notions d’éthique et de déontologie prennent réellement tout leur sens. Plusieurs questions peuvent se poser autour des influenceurs, il faut indéniablement se prémunir du mélange des genres et des dérives que cela peut entraîner. Au CRPL, nous entendons être les garants du respect de ces règles déontologiques.
Comment voyez-vous le communicant de demain ?
Le portrait-robot du communicant de demain demeure un mystère ! La profession doit aujourd’hui s’interroger sur ce que sera la communication dans un avenir plus ou moins proche. Il faut tenter de se projeter et de réfléchir avec l’ensemble des professionnels qui composent notre secteur d’activité. La grande question est de savoir comment nous allons muter.
Événement en décembre
Histoire de fêter ses 60 ans, le CRPL annonce la tenue d’un gala au mois de décembre regroupant ses membres et également plusieurs entreprises et organisations de la région. Le lieu n’est pas encore connu.