Dossier
Communication

Portes ouvertes : Communiquer autrement

Dévoiler un atelier ou une typologie de produits, fidéliser des clients, recruter des futurs collaborateurs ou encore jouer la carte de la transparence ; en ouvrant leurs portes, les entreprises ont avant tout la possibilité de maîtriser leur communication, loin des idées reçues et des fantasmes. Des initiatives qui rencontrent sur le terrain un franc succès. 


© Jige International- La PME meusienne Jige International a accueilli des élèves de 3ème lors de l'opération Usines Ouvertes

© Jige International- La PME meusienne Jige International a accueilli des élèves de 3ème lors de l'opération Usines Ouvertes

Chaque année, l’engouement est au rendez-vous avec des files d’attente qui n’en finissent plus pour découvrir le temps d’un week-end le patrimoine culturel, historique ou architectural de France. C’est justement en s’inspirant de cet événement incontournable que la société des ingénieurs Arts et Métiers a organisé les 20 et 21 mars derniers, pour la seconde année consécutive, l’opération baptisée «Usines ouvertes», sur l’ensemble du territoire. Et force est de constater qu’ils ne se sont pas trompés avec 35 000 visiteurs qui se sont pressés dans 500 sites industriels avec la même envie d’entrer dans l’envers du décor de ces grands noms. «Très vite, certaines entreprises ont affiché complet», se réjouit un expert, conscient de l’enjeu pour les professionnels de «mieux communiquer», face à l’appétence et la curiosité des consommateurs et autres usagers. Dans le Grand Est, elles sont ainsi soixante-cinq à s’être prêtées au jeu, en accueillant scolaires et grand public, unanimement satisfaits de pouvoir se promener dans des coulisses habituellement interdites. Il est vrai que la plupart du temps, ces sites industriels restent fermés, pour des raisons d’organisation ou de sécurité. L’occasion est extrêmement rare de pénétrer dans des ateliers de production pour assister aux processus de fabrication de produits et toucher du doigt la diversité mais aussi la richesse de ce tissu industriel de proximité.

Un argument commercial

Malgré toutes leurs contraintes, les dirigeants ont pleinement conscience des enjeux de transparence pour faire voler en éclat les idées reçues. C’est le cas à Ligny-en-Barrois où le premier employeur privé Daimler Buses n’a pas beaucoup hésité en acceptant de profiter de cette opération nationale de communication avec la double intention de s’attaquer aux clichés liés à l’industrie mais aussi de séduire des potentiels futurs collaborateurs. «Contrairement à ce que beaucoup croient, nos produits sont très spécifiques et nécessitent un travail manuel et absolument pas robotisé», rappelle Philippe Bender, le directeur. Si dans l’industrie, ces opérations spécifiques sont encadrées, dans d’autres secteurs, les usines peuvent être pensées pour justement accueillir du public et ainsi dévoiler les différentes étapes de fabrication. Et elles sont nombreuses que ce soient La Boîte à Madeleines de Commercy, les établissements Braquier de Verdun ouverts sept jours sur sept ou encore la médiatique Confiserie des Hautes-Vosges (CDHV) qui est d’ailleurs l’entreprise agroalimentaire la plus visitée de France avec 300 000 personnes qui se pressent dans les ateliers de Plainfaing. Un nouveau bâtiment de 1 600 m2 devrait être inauguré le 3 juillet prochain, plus grand et pensé autour d’une scénographie où la féérie côtoiera le savoir-faire. Avec un objectif : pouvoir répondre aux nouvelles attentes des visiteurs. Quelles soient ouvertes au quotidien ou plus ponctuellement, les entreprises, véritables vitrines d’un territoire, savent plus que jamais qu’à l’ère des réseaux sociaux, elles ont encore le pouvoir de maîtriser leur communication en levant une partie du mystère qui se cache derrière leurs portes.


L’enjeu pour les professionnels est de mieux communiquer