Résistance en matière de budget ! Comme l’an passé, le budget primitif pour 2026, adopté la semaine dernière par le Conseil départemental de Meurthe-et-Moselle a été qualifié de «budget de résistance» par Chaynesse Khirouni, la présidente de l’exécutif départemental.
D’un total de 972 millions d’euros, il est, de nouveau construit sur fond d’optimisation et de mutualisation. 147,3 millions d’euros (120,3 millions d’euros d’investissement pur et 27 millions de remboursement du capital de la dette) sont annoncés et ciblés sur l’appui aux territoires ou encore la transition écologique.
Quatre priorités sont annoncées par la présidente de l’exécutif départemental :
«Le pouvoir vivre, c’est-à-dire la capacité réelle des familles à tenir. Tenir face aux dépenses, tenir face aux contraintes, tenir sans renoncer, le maintien de la gratuité du transport scolaire en est l’illustration concrète».
«L’émancipation, parce que protéger ne suffit pas. Il faut permettre de se relever, d’avancer et de reprendre prise sur sa vie (...) C’est le sens de la reconduction du dispositif de cumul RSA et revenus d’activité».
«La proximité. Les droits n’ont de valeur que s’ils sont réellement accessibles. Et pour cela il faut une présence humaine, des lieux identifiés, des acteurs coordonnées».
«La transition écologique. Nous refusons d’opposer fin du mois et fin du monde. Parce que ce sont toujours les plus fragiles qui subissent les premiers les effets du dérèglement climatique, la délibération "Meurthe-et-Moselle en transition, s’engager pour le vivant, affirme une écologie de solutions, accessible et concrète"».
Marges de manœuvres de plus en plus limitées
Des priorités confrontées à un contexte où les marges de manœuvres fiscales et financières sont de plus en plus limitées.
«La loi de finances pour 2026 associe encore les collectivités à l’effort national à hauteur de 2 milliards d’euros. Dans le même temps, le taux de pauvreté atteint 15,4% de la population, le niveau le plus élevé depuis 1996. Voilà la réalité du moment : davantage de fragilités sociales, davantage de besoins et pourtant une pression maintenue sur celles et ceux qui accompagnent, protègent, investissent», constate la présidente de l’exécutif départemental.
«Les baisses d’impôt massives ont réduit les marges de manœuvre publiques. La Cour des comptes a évalué à 62 milliards d’euros l’impact de ces baisses sur les recettes fiscales pour l’année 2023. De même un rapport sénatorial évalue à 211 milliards d’euros le coût des aides publiques aux entreprises tout en pointant les insuffisances de suivi et d’évaluation. À s’obstiner dans cette logique, le président de la République et ses gouvernements successifs ont fragilisé les marges de manœuvre publiques et les solidarités humaines et territoriales».
Pour Chaynesse Khirouni : «sans levier fiscal, sans autonomie financière réelle, avec des recettes dépendantes des cycles économiques, les départements doivent faire face à une hausse continue des besoins sociaux».
Les dépenses de solidarité pèsent près de 70% du budget départemental avec un reste à charge de plus de 144 millions d’euros pour les seules allocations individuelles de solidarité.
«Une réforme structurelle du financement des Départements est tout simplement indispensable».