Ce dispositif national, présenté en fin d'année 2026 avant la décision finale d'investissement, s'appuie sur un prêt du Fonds d'épargne de la Caisse des Dépôts (CDC) garanti par l'État. L'objectif est de sécuriser le financement de ce programme industriel stratégique pour l'économie et la souveraineté énergétique des régions sans mobiliser de subventions publiques directes.
Un prêt de 60 milliards d'euros adossé à l'épargne
Le schéma validé prévoit un prêt de la CDC couvrant 60 % du devis de construction, dans la limite de 60 milliards d’euros, amortissable sur 35 ans après la mise en service de chaque réacteur. Durant la phase de chantier, l’État bonifie le dispositif pour garantir un taux de 0 %, ce qui représente une enveloppe initiale de 137 millions d’euros inscrite au PLF 2027. En phase d'exploitation, le taux sera fixé à 3 %. Ce recours au Fonds d’épargne tire parti d'un taux de rémunération de l'épargne réglementée de 1,7 % (depuis le 1er août 2026), bien plus avantageux que le taux de la dette souveraine qui atteignait 4,90 % en octobre.
Une protection stricte contre les dérives budgétaires
Pour préserver les finances publiques, EDF assume l'intégralité du risque industriel initial. L'électricien prendra à sa charge les 15 premiers milliards d’euros de dépassements de coûts éventuels, impactant directement sa rentabilité cible fixée entre 6,5 et 8,5 %. Au-delà de ce plafond, l'État financera 90 % des surcoûts via de nouveaux emprunts remboursables. Les revenus futurs issus de la vente d'électricité, sécurisés par un contrat pour différence (CfD) bidirectionnel à 100 €/MWh, serviront prioritairement au remboursement de la CDC avant la rémunération des fonds propres d'EDF.
Une capacité de financement préservée pour le logement social
Cet engagement à long terme s'intègre dans le bilan du Fonds d’épargne de la CDC, qui s'élevait à 453,3 milliards d’euros fin 2025. L'institution financière a précisé que ce déploiement de capital n'affecterait pas sa capacité à soutenir ses missions historiques au niveau local. Les lignes de crédits bonifiées allouées au secteur des logements sociaux (HLM) dans les territoires seront ainsi maintenues de façon indépendante.