En bref

Le premier vol organisé pour rapatrier des Français du Moyen-Orient est arrivé à Paris

Cris d'enfants, longues embrassades et quelques larmes: un premier vol organisé pour rapatrier des Français bloqués au Moyen-Orient depuis le début de la guerre est arrivé tôt mercredi matin à l'aéroport Roissy-Charles de...
 © Guillaume BONNET

© Guillaume BONNET

Cris d'enfants, longues embrassades et quelques larmes: un premier vol organisé pour rapatrier des Français bloqués au Moyen-Orient depuis le début de la guerre est arrivé tôt mercredi matin à l'aéroport Roissy-Charles de Gaulle en provenance d'Oman, a constaté l'AFP.

L'avion affrété par Air France a quitté Mascate, capitale du sultanat, en début de soirée et a atterri peu avant 3H00 du matin mercredi au nord de Paris. 

Ce "vol hybride" a transporté aussi bien des clients et du personnel de la compagnie que "beaucoup de familles, de jeunes enfants, des femmes enceintes, une colonie de vacances", des passagers dont "la quasi-totalité était à Dubaï" a indiqué la ministre Éléonore Caroit aux journalistes présents dans le terminal. 

Une centaine de places avaient été réservées par le ministère de l'Europe et des Affaires étrangères pour les personnes les plus "vulnérables" a précisé la ministre déléguée chargée de la Francophonie, des partenariats internationaux et des Français de l'étranger. 

"L'idée est de multiplier ce type de dispositif pour qu'un nombre le plus grand possible de Français puisse rentrer en sécurité", a-t-elle ajouté. 

Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a indiqué sur France 2 qu'il y aurait "plusieurs vols" mercredi, notamment un transportant des ressortissants français présents aux Emirats Arabes Unis et "un autre qui partira de l'Egypte pour pouvoir emporter certains de nos compatriotes (...) les plus vulnérables en provenance d'Israël".

Après l'attaque israélo-américaine contre l'Iran samedi et des représailles de la République islamique contre des monarchies du Golfe et Israël, les espaces aériens de nombreux pays ont été fermés.

Vacances écourtées pour Xavier Figuls et sa famille : cet atterrissage nocturne à Roissy a signé la fin d'un long périple, après "10 heures de bus depuis Dubaï pour arriver à Mascate". 

Le couple originaire de Perpignan était arrivé samedi matin aux Emirats arabes unis avec leurs enfants de 4 et 9 ans "quasi au début des bombardements", se remémore Marie. 

"On était déconnectés, et on était dans une partie de la ville où l'on entendait pas les bombardements", raconte-t-elle. "On a appris par nos familles en France que ça commençait à sentir pas très très bon", ajoute cette employée d'Air France. 

Loin d'imaginer

Quand les premiers bombardements ont touché Dubaï, Emmy Coutelier, 18 ans était dans la piscine de l'hôtel et blaguait avec son copain Adam, "loin d'imaginer tout ce qui allait se passer". 

Après une longue embrassade avec sa sœur venue l'accueillir à l'aéroport, elle raconte, encore très émue, sa profonde peur, quand a résonné une "alarme en pleine nuit disant de pas rester près des fenêtres". 

"On est allés dans le sous sol tout en bas : jamais on n'aurait cru que ça se serait passé", souffle la jeune femme qui, en prenant ce vol de rapatriement a eu "l'impression de fuir un peu le danger, même si c'est un pays un peu protégé".

Au côté de Philippe Tabarot, le ministre des Transports, Éléonore Caroit a insisté sur un contexte "très volatile", avec "des espaces aériens qui peuvent ouvrir et refermer, des corridors qui se mettent en place qui peuvent être suspendus".

Quelque 400.000 ressortissants français sont présents dans la quinzaine de pays concernés par le conflit, et davantage se signalent auprès des autorités consulaires "mais tous ne veulent pas rentrer en France" précise la ministre déléguée.

En quatre jour, la guerre au Moyen-Orient a provoqué l'annulation de 19.000 vols, selon le fournisseur de données spécialisé Cirium.

amb-sva/dch