En bref

Le PS mise sur le socialisme municipal pour engranger de nouvelles victoires

Des élus "pragmatiques", une gauche "du faire et du concret", où éducation, culture, justice sociale sont les maitres mots: À quelques semaines du scrutin des 15 et 22 mars, le PS défend le bilan du socialisme...
Le PS mise sur le socialisme municipal pour engranger de nouvelles victoires © Sébastien DUPUY

Le PS mise sur le socialisme municipal pour engranger de nouvelles victoires © Sébastien DUPUY

Des élus "pragmatiques", une gauche "du faire et du concret", où éducation, culture, justice sociale sont les maitres mots: À quelques semaines du scrutin des 15 et 22 mars, le PS défend le bilan du socialisme municipal, qu'il espère porteur de nouvelles victoires. 

Le Parti socialiste, qui compte actuellement 1.200 maires et dirige un quart des villes de plus de 20.000 habitants, aspire, grâce le plus souvent à des alliances avec les autres formations de gauche non mélenchonistes, à en conserver le plus possible et à engranger d'autres conquêtes.

Pour cela, il compte mettre en avant son bilan à l'échelle locale et organise une convention dimanche à Paris, avec notamment Emmanuel Grégoire (candidat dans la capitale), Johanna Rolland (maire de Nantes) ou Michael Delafosse (l'édile de Montpellier). Objectif: montrer comment les élus socialistes ont marqué leur territoire de leur empreinte.

Pour le maire de Rouen Nicolas Mayer-Rossignol, le socialisme municipal représente "la gauche du faire et des actes concrets", couplée à des valeurs comme "la quête de justice sociale" et "la priorité à l'éducation et la culture", explique-t-il, mettant en avant pour sa commune la gratuité des bibliothèques et leur ouverture le dimanche.

À Issoudun (Indre), l'édile André Laignel pointe aussi ce qu'il appelle "changer la ville pour changer la vie", qui va de la politique des quartiers aux mesures environnementales. 

"Cela peut être la mise en place des tarifs modulés pour l'eau, la gratuité de la restauration scolaire" ou "la gratuité des transports". 

Il s'agit de permettre "l'égal accès de tous aux services publics, et à moindre coût", souligne le secrétaire général du PS et ancien édile de Saint-Vallier (Drôme), Pierre Jouvet, citant les régies municipales pour la gestion de l'eau ou les cantines, le développement de l'habitat social, l'accent mis sur la qualité des offres périscolaires ou des centres de santé communaux pour lutter contre les déserts médicaux. 

Ces élus "pragmatiques" mettent en place "des politiques publiques de solidarité, de logement social, de végétalisation, de qualité de l'air", et "en même temps ne ferment pas la porte à l'économie de marché" et ne se mettent pas à dos les acteurs économiques locaux, résume le politologue Brice Soccol. 

Sécurité et police municipale

Longtemps jugé tabou, le thème de la sécurité est désormais intégré par les maires socialistes. 

"Tous aujourd'hui sont acquis à la police municipale", y compris l'édile de Brest, François Cuillandre qui vient de promettre d'en doter sa ville, après y avoir été longtemps opposé, remarque Brice Soccol.

Nos élus "regardent le sujet de la sécurité tous les jours en face", insiste M. Mayer-Rossignol, dont l'un des plus gros investissements a été la création d'une brigade de nuit, d'une brigade cynophile et d'un nouveau poste de police, couplé au triplement du nombre de caméras de vidéo-surveillance.  

Idem à Nantes, où Johanna Rolland a doublé le nombre de policiers municipaux et installé plus de 400 caméras.  

Prochaine priorité qu'ils mettent en avant comme une urgence absolue: les familles monoparentales.  

Le socialisme municipal a "inspiré les lois de décentralisation et beaucoup des politiques menées par les communes aujourd'hui", rappelle Johanna Rolland, ajoutant que la gauche a souvent "un temps d'avance sur le terrain" et que "beaucoup de ses combats sont aujourd'hui devenus des évidences".  

Reste que les succès du PS au niveau municipal ne se répercute pas au niveau national et que sa puissance locale n'a pas empêché les déboires des deux dernières présidentielles.

"On est convaincu que c'est grâce à l'appui du terrain que l'on peut reconquérir les électeurs, mais ça prend du temps", concède Pierre Jouvet.  

Pour la plupart, les maires socialistes "sont des gens qui privilégient une forme de discrétion médiatique", remarque un ancien socialiste. "C'est un peu le problème du PS: on a l'impression qu'ils ont peu de personnels politiques parce que les grands élus locaux ne veulent pas mettre un petit doigt dans la politique nationale".