En bref

Le Touquet mise sur l’art de vivre français pour faire revenir les Britanniques

Du 25 au 31 mai, Le Touquet-Paris-Plage déroulera le tapis rouge aux Britanniques à l’occasion de sa première French Week. Une opération séduction pensée pour renouer avec une clientèle historique, fragilisée ces dernières années par le Brexit et le Covid.

Le Touquet-Paris-Plage est sans doute la plus britannique des stations balnéaires françaises. Son aéroport porte le nom d’Elizabeth II, sa cloche est issue de la même famille que celle de Big Ben, et les habitants ont même dégusté une «quiche royale» le jour du couronnement de Charles III. «Seulement, le Brexit puis le Covid ont mis à mal notre tourisme anglais. Les Britanniques ne venaient plus sur notre territoire», confie le maire, Daniel Fasquelle. Afin de retrouver au minimum 20% de touristes anglais, et même si les accents anglo-saxons s'entendent un peu plus depuis l’an dernier, Le Touquet-Paris-Plage joue donc l'opération séduction.

C’est dans cette optique qu’est organisée, du 25 au 31 mai, la French Week : une semaine d’animations et d’activités typiquement françaises destinée à donner envie aux Britanniques de séjourner dans la station balnéaire et d’y découvrir l’art de vivre touquettois et, plus largement, le mode de vie à la française. Au programme notamment : une exposition de voitures anciennes, un pique-nique à la française en mode pâté et cornichons, la découverte du marché couvert, mais aussi des moments d’écoute d’orgue de barbarie ou encore des initiations à la pêche aux crevettes.

Une semaine choisie avec soin

Et pour attirer les Anglo-Saxons, rien n’a été laissé au hasard. D’abord les dates, choisies pour coïncider avec le calendrier scolaire britannique. «Pour les Anglais, cette semaine correspond à la dernière période de congés avant les grandes vacances, qui débutent autour du 20 juillet. Ils aiment alors s’évader pour avoir un avant-goût de l’été, mais à moindre coût et sans partir trop loin», explique Kate Landry, en charge des jumelages. Le Touquet-Paris-Plage entend donc devenir une destination évidente pour cette clientèle.

Côté communication, la campagne a été exclusivement tournée vers le public britannique. «Nous avons, par exemple, réalisé une insertion publicitaire dans le guide France Today», souligne Daniel Fasquelle. Un spot vidéo d’une minute a également été produit pour mettre en avant les nombreux atouts de la station balnéaire. «Ce dont nous sommes fiers, c’est que l’ensemble de la communication a été réalisé par nos équipes. Nous avons donc peu dépensé dans la création et davantage dans la diffusion», ajoute le maire.

Des retombées attendues

Une stratégie que les élus espèrent voir porter ses fruits : les premières réservations commencent déjà à arriver, pour le plus grand plaisir des professionnels du tourisme : restaurateurs, hôteliers et commerçants . «Cela faisait plusieurs années que les entrepreneurs de la station nous demandaient un programme d’animations en semaine. C’est désormais chose faite. Il y a toujours beaucoup d’activités les week-ends et pendant les vacances scolaires, mais il est vrai qu’il existe un creux le reste du temps», explique Daniel Fasquelle.

D’ailleurs, certains commerçants, hôteliers et restaurateurs ont accepté de s’investir davantage dans ce nouveau dispositif. En échange de la présentation d’un passeport britannique, les visiteurs anglais pourront bénéficier de réductions, de cadeaux ou encore de dégustations. Une manière supplémentaire de séduire les voisins d’outre-Manche.

Si cette première édition rencontre le succès espéré, elle pourrait être reconduite chaque année. «Toutes les animations, accessibles à tous les âges et parfois gratuites, seront proposées en anglais. Les Hollandais et les Belges pourront donc eux aussi en profiter», ajoute Daniel Fasquelle. Reste désormais à voir si cette «année zéro», pensée comme une édition test, portera ses fruits.

Pour Aletheia Press, Lolita Péron-Vranesic