En bref

Les Bourses mondiales mitigées face au flou géopolitique

Les marchés boursiers mondiaux ont terminé sans direction claire lundi après le rejet américain de la contre-proposition de Téhéran pour...
Une station-service à Sofia le 5 mai 2026. © Nikolay DOYCHINOV

Une station-service à Sofia le 5 mai 2026. © Nikolay DOYCHINOV

Les marchés boursiers mondiaux ont terminé sans direction claire lundi après le rejet américain de la contre-proposition de Téhéran pour un cessez-le-feu durable au Moyen-Orient.

Paris a reculé (-0,69%) et Francfort a terminé à l'équilibre (+0,05%). Londres (+0,36%) et Milan (+0,76%) ont terminé en légère hausse.

A New York, le Nasdaq (+0,10%) et l'indice élargi S&P 500 (+0,19%) ont une nouvelle fois atteint des sommets, terminant respectivement à 26.274,13 et 7.412,84 points. Le Dow Jones a gagné 0,19%.

"Le marché (américain) a décidé aujourd'hui que les enjeux géopolitiques ne constituaient qu'un bruit de fond", commente auprès de l'AFP Steve Sosnick, d'Interactive Brokers.

Les investisseurs ont ainsi "globalement ignoré" lundi la nouvelle hausse des prix du pétrole, causée par le rejet américain de la contre-proposition de Téhéran pour un cessez-le-feu durable au Moyen-Orient, note l'analyste.

La réponse iranienne à la dernière proposition américaine est "à mettre à la poubelle", a jugé le président américain devant la presse à la Maison Blanche lundi.

"Il existe une légère inquiétude quant à une possible aggravation de la situation en Iran, mais, pour le moment, personne ne craint vraiment que cela se produise", estime Patrick O'Hare, de Briefing.com.

Le pétrole repart à la hausse

A rebours de Wall Street, l'impasse dans les négociations a crispé les opérateurs sur le marché du pétrole car elle pourrait "aggraver le choc d'approvisionnement régional", préviennent les analystes d'Eurasia Group.

Le prix du baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en juillet, a gagné 2,88% à 104,21 dollars.

Son équivalent américain, le baril de West Texas Intermediate, pour livraison en juin, a pris 2,78% à 98,07 dollars.

"Aucune avancée décisive n'est en vue (et) dans le même temps, le trafic dans le détroit d'Ormuz est au point mort", soulignent les experts d'Eurasia.

Au cours d'un appel téléphonique avec un journaliste de Fox News, Donald Trump a toutefois dit qu'il envisageait de relancer son opération de protection des navires pour traverser cet étroit passage, après plus de deux mois de blocage.

Même dans le scénario hypothétique d'une réouverture du détroit d'Ormuz à la mi-mai, il s'écoulerait "45 à 50 jours" avant un réel "soulagement pour le marché", le temps que la production reprenne et que le trafic maritime se normalise, estiment les analystes de la Société Générale.

Au total, seuls 3,9 millions de barils par jour (Mb/j) passent par le détroit d'Ormuz contre 20 Mb/j avant la guerre, estime Helge André Martinsen, analyste énergie senior pour DNB Carnegie.

Tension des taux d'intérêt

La hausse des prix du pétrole maintient la tension sur les taux d'intérêts des dettes souveraines, dans l'attente d'un éventuel relèvement du taux de dépôt lors de la prochaine réunion de la Banque centrale européenne (BCE) mi-juin.

Le rendement allemand à échéance 10 ans, référence sur le continent, a atteint 3,04%, contre 3,00% vendredi soir. Son équivalent français s'est établi à 3,66%, contre 3,62%.

Outre Atlantique, le rendement à dix ans des emprunts de l'État américain s'est tendu à 4,41% contre 4,35%.

Le billet vert était quasi stable face à la monnaie unique européenne (+0,04%), à 1,1781 dollar pour un euro.

L'inflation américaine scrutée

Les marchés se préparent à accueillir de nouvelles données sur la hausse des prix aux Etats-Unis, dont l'indice des prix à la consommation (CPI) mardi, puis l'inflation côté producteurs (PPI) mercredi.

"Tout le monde comprend que la hausse des prix de l'énergie entraînera une hausse de l'inflation. La question est de savoir de combien", explique Steve Sosnick.

Des chiffres correspondant aux attentes pourraient conforter "l'idée qu'il n'est pas nécessaire que la Réserve fédérale (Fed) relève ses taux cette année", avance Ipek Ozkardeskaya, analyste pour Swissquote Bank.

Avant le déclenchement de la guerre, les analystes anticipaient au moins deux baisses de taux de la Réserve fédérale américaine avant la fin de l'année. Aucune détente n'est désormais attendue en 2026, selon l'outil de veille CME FedWatch.