En bref

Les Bourses mondiales partagées entre risque géopolitique et résultats d'entreprises

Les marchés boursiers mondiaux évoluent sans direction commune mercredi, partagés après l'annonce du prolongement de la trêve au Moyen-Orient, tout en étant attentifs aux publications de résultats...
Des opérateurs boursiers à Séoul le 21 avril 2026. © Jung Yeon-je

Des opérateurs boursiers à Séoul le 21 avril 2026. © Jung Yeon-je

Les marchés boursiers mondiaux évoluent sans direction commune mercredi, partagés après l'annonce du prolongement de la trêve au Moyen-Orient, tout en étant attentifs aux publications de résultats d'entreprises qui ponctuent la semaine. 

"Les marchés continuent d'évoluer dans un équilibre fragile entre l'amélioration de leur perception et la persistance des risques géopolitiques", commente Daniela Hathorn, analyste à Capital.com, alors que le président américain Donald Trump s'est résolu mardi soir à prolonger jusqu'à nouvel ordre la trêve observée avec l'Iran depuis le 8 avril.

Les discussions entre Washington et Téhéran n'ont toujours pas repris. Elles étaient censées se tenir en début de semaine après une première session le 11 avril, visent à trouver une fin durable à une guerre régionale qui a fait des milliers de morts et ébranlé l'économie mondiale.

A Wall Street, vers 15H45 GMT, le Dow Jones prenait 0,64%, l'indice Nasdaq gagnait 1,27% et l'indice élargi S&P 500 s'octroyait 0,79%.

L'Europe s'est montrée moins enthousiaste. La Bourse de Paris a terminé en baisse de 0,96%, Francfort a perdu 0,31%, Londres 0,21% et Milan a reculé de 0,25%.

"Le sentiment de marché est resté fragile tout au long de la journée, les opérateurs tentant d'évaluer si la dernière prolongation du cessez-le-feu par le président Trump serait durable, avec des doutes persistants quant au respect de cet accord par l'Iran et Israël", explique Patrick Munnelly, de Tickmill Group.

Par ailleurs, "l'économie européenne est plus durement touchée par la hausse des prix de l'énergie que celle des États-Unis. C'est ce que les investisseurs intègrent actuellement dans leurs valorisations", note Andreas Lipkow de CMC Markets.

Le Brent à 100 dollars

Le marché pétrolier, baromètre de la confiance des marchés depuis le début du conflit, s'inscrit en hausse. 

Le Brent, référence du brut en Europe, prenait 2,94% à 101,38 dollars le baril, repassant au-dessus du seuil symbolique des 100 dollars. Son équivalent américain, le WTI, gagnait 2,90% à 92,27 dollars.

L'Iran a annoncé mercredi avoir saisi deux navires dans le détroit d'Ormuz, quelques heures après la prolongation de la trêve décidée unilatéralement par Donald Trump. Le pouvoir iranien ne s'est toujours pas exprimé sur cette prolongation, mais Téhéran en "étudie différents aspects", selon la télévision d’État iranienne.

"Bien que les annonces de cessez-le-feu et les réouvertures ponctuelles du détroit d'Ormuz aient contribué à atténuer les craintes immédiates concernant l'approvisionnement, des perturbations des flux persistent, maintenant ainsi une prime de risque résiduelle intégrée aux marchés de l'énergie", souligne Daniela Hathorn.

"Tout signe de ré-escalade majeure pourrait provoquer une forte hausse des prix", met en garde Fawad Razaqzada, analyste de marché à Forex.com. "Un autre scénario existe également: la fermeture prolongée du détroit d'Ormuz continuera d’accentuer le déficit d’approvisionnement."

Salve de résultats d'entreprises

En attendant de nouveaux développements, "les marchés d'actions ont fait preuve d'une résilience notable" alors que la saison des résultats d'entreprises bat son plein, relève Daniela Hathorn.

A Wall Street, le constructeur aéronautique américain Boeing (+4,75% vers 15H45 GMT) a annoncé mercredi des résultats meilleurs qu'attendu au premier trimestre grâce au rebond des livraisons d'avions commerciaux, marqués néanmoins par une perte nette de 90 millions de dollars (77 millions d'euros).

Le groupe américain GE Vernova, qui rassemble les anciennes activités liées à l'énergie du conglomérat General Electric, s'envolait quant à lui de près de 13% après avoir fait état d'un bond de 71% de ses commandes entre janvier et mars.

Tesla doit également publier ses résultats mercredi. Les analystes anticipent une croissance du chiffre d'affaires d'environ 13 à 17% par rapport à l'an dernier.

A Amsterdam, le fabricant de puces électroniques ASM International a terminé sur un bond de 7,11%. Il avait présenté une prévision de hausse de chiffre d'affaires supérieure aux estimations des analystes, après un premier trimestre boosté par l'intelligence artificielle.

Le conglomérat industriel helvético-suédois ABB (+3,40% à la Bourse suisse) a relevé ses objectifs financiers pour 2026 après des commandes bien meilleures qu'attendu au premier trimestre, dopées par la demande d'équipements pour les centres de données. L'énergéticien Siemens Energy a grimpé de 7,42% à Francfort, porté par les résultats de ABB.

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