Le spécialiste des véhicules électriques Tesla, qui a réalisé des résultats supérieurs aux attentes au premier trimestre, a confirmé mercredi la production à grande échelle dès cette année du Cybercab et du poids lourd électrique Semi, et les avancements pour celle du robot humanoïde Optimus.
Au premier trimestre, le groupe d'Austin (Texas) a réalisé un chiffre d'affaires de 22,4 milliards de dollars, soit mieux que les 22,3 projetés par le consensus. Le bénéfice net ressort à 477 millions de dollars (+17%).
A noter que le rythme de progression des coûts opérationnels a été deux fois plus rapide (37% contre 16%) que celui des ventes, ce qui a entraîné une contraction des marges par rapport au trimestre précédent.
Dans les échanges électroniques postérieurs à la clôture de Wall Street, le titre avait pris jusqu'à près de 4% avant de baisser (-0,89%) pendant l'audioconférence des dirigeants.
Du fait des nombreux projets en cours - six usines en construction pour différents produits -, le groupe va dépenser au moins 25 milliards de dollars en 2026, au lieu des déjà conséquents 20 milliards anticipés auparavant.
"Cela semble beaucoup, et nous allons avoir un effet négatif sur le flux de trésorerie pendant le restant de l'année, mais nous pensons que c'est la bonne stratégie pour positionner l'entreprise pour la prochaine ère", a commenté Vaibhav Taneja, directeur financier, lors d'une audioconférence avec des analystes.
"Nous continuons d'enregistrer des avancées importantes pour mettre en place les infrastructures et logiciels d'intelligence artificielle qui soutiennent nos activités de robotaxis et de robotique à l'avenir", avait indiqué le groupe dans son communiqué.
Mais rien de bien concret en revanche sur les progrès en matière d'autonomie des véhicules sans supervision, pourtant au coeur des priorités du groupe. Et des préoccupations des marchés.
Valorisation soutenue
"Les investisseurs vont avoir besoin d'éléments plus probants sur le fait que l'autonomie sans supervision est toute proche, pour pouvoir soutenir la valorisation boursière", avaient prévenu en amont les analystes de Morgan Stanley.
A la clôture mercredi, Tesla affichait une capitalisation boursière de près de 1.500 milliards de dollars.
Pour le cabinet Wedbush, l'autonomie et l'intelligence artificielle pourraient générer 1.000 milliards de dollars supplémentaires de capitalisation.
Dans une note mardi, ses analystes ont énuméré les sujets sur lesquels le patron du groupe, le multimilliardaire Elon Musk, allait devoir s'expliquer. Une liste qui s'allonge depuis plusieurs mois.
L'homme le plus riche du monde en a abordé plusieurs lors de l'audioconférence: la production à grande échelle du robot humanoïde Optimus devrait commencer "à l'été, en juillet ou en août", mais il "ne sait pas" combien d'exemplaires cette année.
Le robotaxi, service de taxi sans chauffeur en test depuis juin à Austin, devrait circuler dans une dizaine d'Etats d'ici fin 2026. Mais les revenus générés ne devraient devenir significatifs, "probablement de manière importante, que l'an prochain", a indiqué M. Musk.
Et la conduite autonome (FSD) sans supervision pour les particuliers ne semble pas imminente. Elle se fera "progressivement (...) quand une zone sera considérée sûre", a-t-il indiqué.
Le FSD supervisé vient d'être autorisé aux Pays-Bas et devrait l'être dans le reste de l'Union européenne au deuxième trimestre et en Chine au troisième, a précisé M. Taneja.
Elon Musk a promis fin janvier une "ère d'abondance" après une année 2025 difficile, marquée par sa proximité avec le président américain Donald Trump et par la disparition d'avantages à l'achat de véhicules électriques aux Etats-Unis.
L'entreprise s'est aussi fait ravir sa place historique de numéro un mondial des véhicules tout électriques par le groupe chinois BYD, qui en a vendu 2,26 millions (+28,41% sur un an) contre 1,64 million pour Tesla (-8,38%).
Elle souffre également d'une gamme défraîchie.
Le dernier véhicule grand public, le Model Y, est sorti en 2020; le pick-up à la silhouette futuriste Cybertruck, sorti fin 2023, a fait un flop; le véhicule bon marché qui devait être une création n'est finalement qu'une version édulcorée des populaires Model 3 et Model Y, et le modèle sportif Roadster de nouvelle génération se fait toujours attendre.
Au premier trimestre, Tesla a livré un peu plus de 358.000 véhicules dans le monde mais n'a pas atteint le consensus d'analystes de Factset (381.000), ni même le sien (365.645). Et il a fabriqué 50.000 véhicules en trop, qu'il va falloir écouler.