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Commerce/ En chiffres

Les PME se tournent vers l'export de proximité

  Prises entre un marché national peu dynamique et les turbulences mondiales, les TPE et PME exportatrices se concentrent sur l'Union Européenne, d'après une étude Bpifrance Le Lab. Mais l'activité à l'international ne concerne que le quart de ces entreprises.

© Adobe stock.

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   L'herbe continue d'être plus verte ailleurs, mais pas trop loin. Le 6 février, Bpifrance Le Lab a publié la 3ème édition de son « baromètre export des PME ». D'après ce dernier, malgré le contexte international très bousculé, le nombre de TPE et PME décidées à exporter ne recule pas. Au global, près du quart d'entre elles l’envisagent en 2026, une proportion comparable à celle des années passées (23% en 2024, 26% en 2025). Les intentions augmentent même légèrement (+1point) chez les TPE-PME de l'industrie, l'un des secteurs les plus actifs dans le domaine, pour atteindre un taux de 45%. En outre, d'après le baromètre, non seulement ces entreprises ne se désengagent pas de l'export, mais les montants concernés devraient augmenter. L' indice prévisionnel gagne trois points pour atteindre +5. Dans le détail, 19% des TPE-PME prévoient d'augmenter les montants à l'export, contre 15% un an plus tôt. A l'inverse, 14% d'entre elles entendent les réduire, contre 13% l'année précédente.

Autre constat de l'étude, une évolution du pouvoir d'attraction des différentes destinations. L'Europe, déjà terre d'export privilégiée des TPE et PME, le devient encore plus : 86% de ces entreprises comptent se tourner vers l'Union Européenne, soit 3% de plus que l'an dernier. Dans le détail, 39% n'exporteraient qu'au sein de l'UE, et 48% visent aussi d'autres destinations. En revanche, la part des entreprises qui entendent vendre hors d'Europe reste relativement stable (61 %), avec une répartition très éclatée des destinations visées. En tête, l'Amérique du Nord reste la principale cible hors UE, pour 28 % d'entre elles. Cette proportion a même augmenté de deux points, malgré l'extrême durcissement de la politique commerciale américaine. Toutefois, les montants exportés vers cette destination devraient ralentir. L' Afrique attire 24% des TPE-PME qui se concentrent prioritairement sur le nord du continent. Quant à l'Asie, elle focalise 23% des intentions d'export, en forte augmentation (+ 5 points). L'Europe hors UE est visée par 18% des PME exportatrices.

Au risque d'une concurrence accrue

La géographie de ces intentions d'export est conditionnée par celle des risques perçus, divers et plus ou moins intenses selon les destinations. Globalement, les TPE- PME sont pleinement conscientes de la complexité du cadre international : 83% d'entre elles perçoivent des risques à l'export, soit deux points de plus que l'an dernier. Dans leur ensemble, elles redoutent avant tout les tensions géopolitiques (46% d'entre elles, + 4 points). Mais ce risque est considéré comme particulièrement prégnant par celles qui prévoient d'exporter en Asie (73 %) et en Amérique du Nord (69 %).

Deuxième risque majeur cité, la montée du protectionnisme (34%, +7 points). Là aussi, l'écueil est particulièrement redouté par les TPE-PME qui visent l'Amérique du Nord ( 51 %, +13 points).

Autre inquiétude globalement montante (+3 points), les risques de change, cités par 12% des sondés. Par ailleurs, note l'étude, le niveau global d'inquiétude diffère selon les destinations. Les PME et TPE qui prévoient d'exporter hors UE sont plus inquiètes (90% d'entre elles, + 5 points ) que celles qui se cantonnent exclusivement au cadre de l' UE ( 72%, −3 points). Dans ce dernier cas, c'est l'augmentation de la concurrence qui vient en tête des préoccupations : 30 % des entreprises cite cet aléa , contre 27% de l'ensemble des TPE-PME ayant l'intention d'exporter.

Au delà de cette analyse des choix et inquiétudes des TPE-PME- exportatrices, le baromètre Bpifrance rappelle qu'elles restent une minorité : ces cinq dernières années, 27 % seulement d’entre elles ont exporté ( dont 16 % à titre régulier et 11 % de manière occasionnelle). Parmi les non-candidates, 65 % jugent que leur type d'activité n'est pas concerné. Les deux secteurs les moins exportateurs : les transports (16% d'exportateurs) et la construction ( 4%). Selon l'étude, il existe pourtant une corrélation entre export et performances des PME : en 2025, la croissance du chiffre d'affaires de celles tournées vers l'export s'est stabilisée, tandis qu'elle s'est dégradée chez les autres. Les perspectives relatives à l'évolution de la situation financière et aux investissements pour l'année 2026 sont également mieux orientées chez les TPE-PME ayant une expérience à l'export.