Dossier

Lors d'un premier meeting sous tension, Marine Le Pen promet une «renaissance»

Pas d'attaques, ni d'annonces: pour son premier grand discours de campagne dimanche à Orléans, sous haute surveillance policière, Marine Le Pen a développé son projet de "renaissance" sans "rupture brutale".

Eric Ciotti (UDR), Jordan Bardella, président du RN, et Marine Le Pen, candidate à la présidentielle, à la fin d’un meeting de campagne à Orléans, le 25 octobre 2026.

Eric Ciotti (UDR), Jordan Bardella, président du RN, et Marine Le Pen, candidate à la présidentielle, à la fin d’un meeting de campagne à Orléans, le 25 octobre 2026.

Pas d'attaques, ni d'annonces : pour son premier grand discours de campagne dimanche à Orléans, sous haute surveillance policière, Marine Le Pen a développé son projet de renaissance sans "rupture brutale, et esquissé les contours d'une présidence que tous les sondages lui promettent, à six mois du scrutin. Malgré les manifestations de la veille, malgré l'attentat raciste de Trappes survenu vendredi, "la France a de beaux jours devant elle", a affirmé d'entrée la figure de proue du Rassemblement national. Dans une arène remplie de 8.500 militants chauffés à blanc, scandant régulièrement "on va gagner", la quadruple candidate à l’Élysée a voulu délivrer un message optimiste, s'efforçnat de rassurer ceux qui redoutent son accession au pouvoir - quasiment acquise selon les sondages qui la donnent largement en tête au premier tour et gagnante dans tous les scénarios au second.

Sans se soucier de l'épée de Damoclès judiciaire qui pèse sur sa campagne, puisque la Cour de cassation pourrait rejeter son pourvoi et rendre définitive sa condamnation pour détournement de fonds publics (dans l'affaire des assistants parlementaires européens) à quelques semaines du premier tour le 18 avril.

Elle a laissé les déclarations martiales à son dauphin Jordan Bardella, qui s'est chargé de souligner qu'une fois en place, il "utilisera tous les moyens légaux pour rétablir l'ordre et protéger les honnêtes gens". Marine Le Pen, elle, a réaffirmé sa volonté d'en faire son Premier ministre en cas de victoire, à la tête d'un gouvernement qu'elle souhaite d'union nationale. Justement, leur allié Eric Ciotti venait de vanter cette "union pour la France" et d'appeler ses "anciens amis" des Républicains à "revenir à la maison".

Incident en tribunes

Les deux lieutenants ayant copieusement fait huer tous ses adversaires, Marine Le Pen s'est abstenue de donner des noms en pâture. Ce qui ne l'a pas empêchée de mettre dans un même sac les ennemis de sa renaissance: les "obscurantismes" de l'islamisme, des antifascistes, des Insoumis et des écologistes.

Des opposants soigneusement tenus à distance du meeting, par les 3.000 policiers et gendarmes déployés tout le week-end dans une ville qui s'était barricadée par crainte des débordements. Un dispositif qui avait permis la veille de tenir à l'écart les 13.000 à 26.000 manifestants venus dénoncer la tenue du congrès du parti à la flamme. Et qui a encore empêché une centaine de militants antifascistes d'approcher du lieu du meeting. Une poignée d'activistes ont néanmoins réussi à se glisser dans la salle, déployant une banderole ciblant Jordan Bardella, réélu la veille à la tête du parti. 

Avec AFP